Les exportations de riz vietnamien dépassent 6 millions de tonnes, mais les prix pèsent sur les recettes
Le Vietnam a exporté environ 6,03 millions de tonnes de riz pour près de 2,91 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2026. Le volume annuel devrait atteindre 7,738 millions de tonnes, mais la faiblesse des prix en début d’année limiterait les recettes à environ 3,94 milliards de dollars.
Les volumes progressent plus vite que les recettes
Le Vietnam a exporté environ 6,03 millions de tonnes de riz au cours des huit premiers mois de 2026, selon les données du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement rapportées par Dân Việt. Le prix moyen à l’exportation s’est établi à 481,5 dollars la tonne, pour des recettes proches de 2,91 milliards de dollars. Une autre estimation fondée sur les chiffres de l’Association vietnamienne de l’alimentation évaluait les expéditions à 5,726 millions de tonnes au 15 août.
Les exportations annuelles devraient atteindre environ 7,738 millions de tonnes. Doanh nghiệp và Đầu tư prévoit des recettes d’environ 3,94 milliards de dollars, soit près de 4 % de moins qu’en 2025, en raison des faibles prix moyens observés durant les premiers mois de 2026. Plus de 2 millions de tonnes restaient à expédier après la mi-août, faisant des prix et de l’exécution des contrats de fin d’année des facteurs décisifs pour le chiffre d’affaires annuel.
Les Philippines et la Chine concentrent les débouchés
Les Philippines sont restées le premier marché du riz vietnamien, avec une part de 43,2 %, devant la Chine à 18,4 % et le Ghana à 11 %. Les Philippines et la Chine ont absorbé ensemble plus de 64 % du volume. Sur les sept premiers mois, la valeur des exportations vers les Philippines a diminué de 5,1 % et celle vers le Ghana de 12,3 %, tandis que les ventes à la Chine ont progressé de 92,2 %. La valeur des expéditions vers l’Irak a été multipliée par 110 à partir d’une faible base de comparaison.
Les perspectives de demande sont contrastées. Les Philippines ont déclaré qu’elles ne suspendraient pas leurs importations de riz en 2026 et devraient acheter environ 5,6 millions de tonnes pendant la campagne 2026/2027, selon Doanh nghiệp và Đầu tư. Elles envisagent toutefois un droit de sauvegarde supplémentaire d’au moins 13 points de pourcentage sur le riz vietnamien, ce qui pourrait porter le tarif total à plus de 35 %. La Chine accroît ses achats de brisures de riz destinées à l’alimentation animale, créant des débouchés pour les brisures, le riz matière première et le riz gluant vietnamiens. L’Indonésie ne prévoit en revanche aucune importation en 2026 en raison de sa production et de ses stocks élevés.
La hausse des prix en juillet soutient la fin d’année
Le prix moyen du riz vietnamien à l’exportation a atteint 511 dollars la tonne en juillet. Sa hausse annuelle de 5,8 % était la première de 2026 et l’a porté à son plus haut niveau depuis juin 2025. Une offre intérieure moins abondante réduit également la pression des ventes forcées. Le riz certifié de haute qualité et à faibles émissions dépasse 1 000 dollars la tonne au Japon, dans l’Union européenne et en Australie, illustrant la prime accessible hors du segment standard.
La composition actuelle des ventes limite encore ce potentiel. Le riz blanc représente 47 % du volume exporté, le riz parfumé 32 %, le riz gluant 14 % et le Japonica 7 %. Sur le segment courant en Afrique, le riz vietnamien subit la concurrence tarifaire de l’Inde et du Pakistan. Le Cambodge développe ses exportations de riz parfumé et la Thaïlande renforce sa présence en Chine. Le bilan mondial pourrait soutenir les cours : la production 2026/2027 est estimée à 537,3-537,8 millions de tonnes, en baisse d’environ 2 % par rapport au record de la campagne précédente, tandis que les échanges pourraient atteindre un nouveau sommet de 62,8-62,9 millions de tonnes. La consommation, prévue à 541,4-542,8 millions de tonnes, laisserait un déficit de production de 4-5,5 millions de tonnes et ramènerait les stocks de fin de campagne à environ 192,6 millions de tonnes. Les engrais, le transport et l’énergie restent coûteux, tandis qu’El Niño pourrait accentuer les risques de sécheresse et de salinisation pour la récolte hiver-printemps 2026-2027.