Les exportations vietnamiennes de bois atteignent 10,2 milliards de dollars grâce à l’Europe
Le Vietnam a exporté pour 10,2 milliards de dollars de bois et produits dérivés durant les sept premiers mois de 2026, soit une hausse annuelle de 5,6 %. Les ventes aux Pays-Bas et à l’Allemagne ont fortement progressé, tandis que celles aux États-Unis ont reculé de 5,8 %.
Les exportations franchissent 10 milliards de dollars
Les exportations vietnamiennes de bois et produits dérivés ont atteint 10,2 milliards de dollars durant les sept premiers mois de 2026, en hausse de 5,6 % par rapport à la même période de 2025. Doanh Nghiep Tiep Thi a publié ces chiffres en citant les données de l’administration des douanes. En valeur, le secteur figurait parmi les sept principales catégories d’exportation du Vietnam.
Cette progression globale masque un écart croissant entre les grandes destinations. Les États-Unis sont restés le premier marché avec 5,1 milliards de dollars, soit environ 50 % des exportations sectorielles, mais les expéditions ont diminué de 5,8 % sur un an. La Chine s’est classée deuxième avec environ 1,5 milliard de dollars, en hausse de 46,4 %, devant le Japon et la Corée du Sud.
La concentration reste forte. Tran Ngoc Liem, directeur de la branche de Hô Chi Minh-Ville de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam, a indiqué que les États-Unis, la Chine, le Japon et la Corée du Sud absorbent ensemble plus de 80 % des exportations vietnamiennes de bois et produits dérivés. Hô Chi Minh-Ville en a exporté à elle seule près de 4 milliards de dollars au premier semestre 2026.
L’Allemagne et les Pays-Bas accélèrent
Les marchés européens ont enregistré certaines des plus fortes progressions. Sur sept mois, les exportations vers les Pays-Bas ont bondi de 104 %, tandis que les livraisons à l’Allemagne ont augmenté de 47 %. Le Canada et le Royaume-Uni ont également affiché une croissance notable, sans que la source précise leur valeur ou leur taux de progression.
Selon Liem, ces résultats montrent que les fournisseurs vietnamiens disposent encore d’une marge pour accroître leur part du marché européen, notamment en exploitant les engagements et avantages de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam. À leurs capacités de production s’ajoutent des progrès dans la conception, l’approvisionnement et le respect des normes des marchés développés.
La clientèle potentielle est considérable. Des données de Mordor Intelligence citées par le ministère de l’Industrie et du Commerce évaluent le marché européen du meuble à environ 277,2 milliards de dollars en 2026. Il pourrait atteindre 358,3 milliards de dollars en 2031, soit une croissance annuelle moyenne d’environ 5,26 %.
La conformité conditionne l’accès
Pour progresser en Europe, les exportateurs devront satisfaire à des exigences toujours plus strictes concernant les performances environnementales, l’origine des matières premières et la traçabilité des chaînes d’approvisionnement. Les coûts logistiques, les politiques commerciales et le pouvoir d’achat des grands marchés pèseront également sur leur compétitivité. Parallèlement, les évolutions attendues de la politique tarifaire américaine pourraient continuer d’influencer les commandes du principal débouché du secteur.
Ces contraintes renforcent la nécessité de diversifier marchés, clients et partenaires commerciaux. L’Europe ne peut toutefois pas encore remplacer les États-Unis par sa taille : malgré le recul récent, le marché américain génère toujours la moitié des recettes d’exportation du secteur. Les producteurs et négociants doivent donc préserver la demande existante tout en renforçant leur présence dans les destinations en croissance rapide.
La filière cherche de nouveaux acheteurs
VIFA ASEAN 2026, le salon international Vietnam-ASEAN du meuble, des accessoires d’intérieur et de l’artisanat, doit se tenir début septembre à Hô Chi Minh-Ville. Plus de 200 entreprises vietnamiennes et internationales sont attendues sur plus de 600 stands.
L’événement doit mettre les entreprises vietnamiennes en relation avec des acheteurs et investisseurs venus des États-Unis, du Canada, de Chine, d’Inde, du Japon, des Pays-Bas et d’autres marchés. Alors que les exportations ont déjà dépassé 10 milliards de dollars en sept mois, ces contacts peuvent favoriser de nouvelles commandes et réduire la dépendance à un nombre limité de destinations dominantes.