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Les exportations espagnoles de vin perdent 253 millions d'euros, les envois vers les États-Unis chutent de 16,9 %

L'Espagne a clos la campagne viticole 2025-2026 avec des exportations de vin et de produits vitivinicoles de 3 274,3 millions d'euros, en baisse de 7,2 % en valeur et de 13 % en volume, selon DelReyAWM. Le volume exporté est tombé à son plus bas niveau depuis le début de la série en 2016, tandis que le prix moyen a atteint un record de 1,38 euro par litre. Les envois vers les États-Unis ont reculé de 16,3 % en volume et de 16,9 % en valeur.

Les exportations espagnoles de vin perdent 253 millions d'euros, les envois vers les États-Unis chutent de 16,9 %

Une campagne close à 3 274,3 millions d'euros

L'Espagne a clos la campagne viticole 2025-2026 avec des exportations de vin et d'autres produits vitivinicoles pour 3 274,3 millions d'euros, sur un volume de 2 375 millions de litres, soit 23,75 millions d'hectolitres. Sur les douze mois arrêtés à juillet 2026, le chiffre d'affaires a reculé de 7,2 % et le volume de 13 % par rapport à la même période précédente, selon l'analyse de DelReyAWM, le cabinet de Rafael del Rey, réalisée à partir des données de l'administration fiscale espagnole (Agencia Estatal de Administración Tributaria).

En termes absolus, le secteur a perdu 253 millions d'euros et 3,5 millions d'hectolitres, soit environ 350 millions de litres. Le calcul intègre non seulement le vin, mais aussi le moût, le vermouth et le vinaigre : les taux d'ensemble traduisent donc l'évolution combinée de tous ces produits et non celle du seul vin.

C'est le prix qui a amorti la baisse des recettes. Le prix moyen à l'exportation a progressé de 6,6 %, à 1,38 euro par litre, ce qui a maintenu le repli de la valeur en deçà de celui du volume. Les séries du cabinet, qui débutent en décembre 2016, placent le volume exporté à son plus bas niveau de toute la période et le prix moyen à son plus haut. Le chiffre d'affaires se situe en position intermédiaire : loin des sommets des deux dernières années, mais au-dessus des points bas du début de la décennie.

Juillet 2026, dernier mois de la campagne, a été plus modéré que la moyenne annuelle, avec un volume en baisse de 6,3 % et une valeur en recul de 0,6 %, ce qui porte le prix moyen du mois à environ 6,1 % de hausse. « Les exportations espagnoles de vins et de produits vitivinicoles reculent, mais plus légèrement que les mois précédents », a résumé Rafael del Rey.

Moût et vrac concentrent les litres perdus

Le moût a fait moins bien que le vin. Ses exportations ont reculé de 24,4 % en volume, soit une perte de 1,6 million d'hectolitres, environ 160 millions de litres, et de 16 % en valeur, l'équivalent de 64,6 millions d'euros en moins. Ce montant représente près de 25,5 % de l'ensemble de la perte économique des vins et produits vitivinicoles ; en volume, son poids est encore plus lourd, puisqu'il explique environ 46 % des 3,5 millions d'hectolitres perdus.

Le vin dans son ensemble a reculé plus modérément, de 9,5 % en volume et de 6,1 % en valeur, un rapport qui indique une hausse d'environ 3,8 % du prix moyen. Pour le moût, ce calcul approche 11,1 %, une progression plus forte mais insuffisante pour compenser les litres perdus.

Au sein du vin, le vrac a concentré une large part de l'ajustement. L'Espagne a exporté 1,3 million d'hectolitres de vin en vrac en moins, soit environ 130 millions de litres, et a renoncé à 24,1 millions d'euros de recettes. Additionnés, le moût et le vrac représentent 2,9 millions d'hectolitres, environ 290 millions de litres, soit près de 83 % de la baisse totale du volume, mais seulement 88,7 millions d'euros, environ 35 % du recul des recettes. L'écart entre ces deux parts montre que la perte de litres s'est bien davantage concentrée sur ces deux catégories que la perte de chiffre d'affaires.

Catégories et marchés de destination

Parmi les vins conditionnés, les vins tranquilles ont mieux résisté que les effervescents, en volume comme en valeur. Le détail par catégorie révèle de larges écarts : les vins à indication géographique protégée ont baissé de 14,6 % en valeur, ceux à appellation d'origine protégée de 7,9 %. Les vins de cépage ont à l'inverse augmenté leurs recettes à l'exportation de 5,7 %. DelReyAWM précise que leur chiffre d'affaires ne représente qu'un dixième de celui des vins à appellation d'origine, ce qui limite leur capacité à compenser en euros le recul d'une catégorie bien plus lourde. Les vins sans indication sont restés proches de la stabilité, avec un léger repli des volumes.

Par marché, l'Italie et la France figurent parmi les destinations qui ont le plus contribué à la dégradation, surtout via le vrac et, dans le cas italien, également le moût. Le cabinet chiffre le recul italien à 48 % « au total », sans préciser si ce pourcentage porte sur la valeur ou le volume, et relie la baisse française à des achats de vrac moindres, sans quantifier la part de ce pays. Les États-Unis se sont écartés de la moyenne : les exportations espagnoles de vin vers ce marché ont chuté de 16,3 % en volume et de 16,9 % en valeur, les recettes reculant donc un peu plus que les quantités, ce qui implique une baisse du prix moyen d'environ 0,7 %. Le cabinet cite par ailleurs des progressions en Côte d'Ivoire, au Maroc et en Roumanie, entre autres marchés, sans fournir de chiffres.

Un volume au plus bas depuis dix ans

L'historique permet de mesurer l'ampleur de l'ajustement. Le volume annuel glissant se situait autour de 2 750 millions de litres fin 2016, est monté à une fourchette de 2 850 à 2 900 millions en 2017 et début 2018, puis est descendu à environ 2 550 millions fin 2018. Le bond le plus net est intervenu en 2021, lorsque le cumul annuel a dépassé 3 100 millions de litres avec des taux annuels supérieurs à 20 %. Une correction prolongée a suivi et, après de nouvelles oscillations en 2025, la baisse s'est accélérée en 2026 pour clôturer sous 2 400 millions de litres, environ un quart de moins que le sommet de fin 2021. Le chiffre d'affaires a suivi une trajectoire moins extrême : proche de 3 600 millions d'euros entre fin 2024 et début 2025, il est passé sous 3 300 millions en juillet 2026.

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