Un député arménien met en cause l’intégrité de l’UEE face aux restrictions sur les abricots
Le député arménien de la majorité Arman Yegoyan estime que les restrictions visant le marché de l’abricot fragilisent la crédibilité de l’UEE comme union douanière et commerciale. Selon lui, des barrières agricoles non résolues jettent aussi le doute sur une intégration plus poussée, notamment sur un marché commun du gaz.
Les restrictions sur les abricots soulèvent un débat plus large
Le député arménien Arman Yegoyan a mis en cause l’intégrité du marché intérieur de l’Union économique eurasiatique, estimant que les restrictions touchant le commerce des abricots sont incompatibles avec la vocation affichée du bloc en tant qu’union douanière. Ses propos relient un différend concernant un produit agricole à une question plus générale : la capacité de l’UEE à garantir la libre circulation des marchandises et une intégration plus poussée de ses marchés.
Membre du parti Contrat civil, au pouvoir en Arménie, Yegoyan a déclaré devant des journalistes qu’une union douanière ne pouvait comporter ni sanctions, ni droits de douane, ni obstacles au commerce. D’après NEWS.am, il considère que les instruments destinés à entraver les échanges nuisent non seulement à l’Arménie, mais aussi à l’autorité et au bon fonctionnement de l’organisation elle-même.
Dans les propos rapportés, Yegoyan n’a précisé ni la nature des mesures limitant le marché de l’abricot, ni le pays ou l’institution qui les aurait introduites, ni le volume d’échanges concerné. L’article ne fournit pas non plus de données sur les prix, les expéditions ou les pertes. Son argument porte donc avant tout sur un principe institutionnel : les marchandises circulant au sein d’une union douanière ne devraient pas subir de restrictions qui vident l’adhésion de sa substance.
L’accès agricole rapproché du marché du gaz
Le député a présenté les abricots comme un test de la capacité de l’UEE à faire fonctionner des marchés intégrés plus vastes. « Si le marché des abricots est restreint, comment peut-on parler du marché du gaz ? », a-t-il déclaré selon NEWS.am. Ce parallèle place un produit agricole saisonnier aux côtés d’une ressource énergétique stratégique et souligne l’écart qu’il perçoit entre les engagements formels d’intégration et l’accès réel aux marchés.
Pour les producteurs et les négociants, cette distinction a des conséquences concrètes. Les produits agricoles sont particulièrement sensibles aux retards et aux restrictions d’accès, car leur période de commercialisation est limitée. Bien que l’article ne donne aucun détail opérationnel sur les mesures concernant les abricots, les propos de Yegoyan suggèrent que des barrières visant une seule catégorie de produits peuvent affaiblir la confiance dans la prévisibilité des échanges au sein du bloc.
La référence au gaz élargit le débat au-delà de la filière des fruits et légumes. Un marché intégré du gaz suppose des règles communes et des conditions d’accès fiables pour les États participants. Yegoyan estime que la confiance dans un tel marché est difficile à maintenir si des restrictions restent possibles dans le commerce ordinaire des marchandises. NEWS.am n’a fait état d’aucune nouvelle mesure ni négociation gazière directement liée à ses déclarations.
Le statut de membre de l’Arménie reste inchangé
Yegoyan a également affirmé que l’Arménie restait membre à part entière de l’UEE. Selon lui, l’organisation ne dispose d’aucun mécanisme permettant d’exclure le pays, sauf si l’Arménie annonce ou engage elle-même son retrait. Il répondait à une question sur une déclaration russe évoquant la nécessité d’un référendum approprié en Arménie, mais l’article précise qu’il n’a pas clarifié les intentions de la partie arménienne.
Il a aussi été interrogé sur le fait que le Premier ministre Nikol Pashinyan n’avait pas soulevé les préoccupations d’Erevan lors d’une récente réunion et avait, au contraire, tenu des propos que son interlocuteur jugeait opposés. Yegoyan a répondu que le Premier ministre n’avait pas à répéter la même chose « 50 fois ». Les prochaines étapes du gouvernement restent donc inconnues : aucun recours formel, calendrier, remède proposé ou projet de retrait n’est mentionné.
Pour les acteurs du marché de l’UEE, l’enjeu immédiat tient moins à un changement de politique annoncé qu’à la critique publique formulée par un député du parti au pouvoir en Arménie. Faute de détails sur les restrictions visant les abricots, leur incidence commerciale ne peut être chiffrée. Cette déclaration réunit néanmoins dans un même débat les barrières internes, la crédibilité institutionnelle et l’intégration énergétique. Producteurs et négociants surveilleront désormais l’éventuelle transformation de cette critique en différend formalisé ou en négociations concrètes au sein du bloc.