Davao exporte vers l'Australie sa première cargaison de bananes Saba congelées
Le ministère de l'Agriculture de la région de Davao indique que sa division Agro-industrie et Assistance à la commercialisation a facilité la première expédition à l'export de bananes Saba congelées de Davao City vers l'Australie. Philippine News Agency présente cette cargaison comme la première entrée commerciale du produit sur le marché australien. Le volume, la valeur et l'exportateur n'ont pas été communiqués.
La première cargaison de Saba congelée quitte Davao pour l'Australie
Le ministère de l'Agriculture de la région de Davao (DA-11) a indiqué mercredi que sa division Agro-industrie et Assistance à la commercialisation (AMAD) avait facilité la première expédition à l'export de bananes Saba congelées de Davao City vers l'Australie, rapporte Philippine News Agency. La cargaison est présentée comme le premier mouvement commercial du produit vers le marché australien.
Il s'agit d'un événement d'accès au marché et non de volume. Aucun tonnage, aucune valeur de contrat ni aucune information sur l'acheteur n'accompagnent l'annonce, et l'entreprise exportatrice n'est pas nommée. Pour l'agro-industrie de Davao, l'important est le précédent : dès lors qu'un produit satisfait aux conditions d'entrée du pays importateur, la même voie devient accessible aux autres expéditeurs qualifiés de la région, le coût de son ouverture ayant déjà été supporté.
La Saba n'est pas la Cavendish, et le congelé n'est pas du frais
La Saba est une banane à cuire riche en amidon, consommée bouillie, frite ou transformée, et non crue. Elle relève d'une autre catégorie que la Cavendish de dessert, qui domine les exportations philippines de fruits frais et que les producteurs de Davao expédient vers les marchés d'Asie de l'Est. La Saba sert de matière première aux chips de banane, au ketchup de banane, à la farine et à une gamme de plats préparés surgelés : l'économie de son exportation dépend donc des usines de transformation et non des stations de conditionnement de fruits frais.
Le format congelé compte commercialement pour trois raisons :
- Biosécurité : les fruits congelés et transformés relèvent de conditions d'importation différentes de celles des fruits frais, soumis au contrôle phytosanitaire le plus strict dans la plupart des marchés de destination.
- Logistique : la congélation supprime la contrainte de mûrissement et autorise le fret maritime en conteneurs réfrigérés plutôt que l'aérien, coûteux.
- Circuit : les acheteurs probables sont la restauration collective, les transformateurs de la distribution et le segment des produits ethniques, pas le rayon fruits frais.
Cette combinaison abaisse la barrière à l'entrée d'un produit tropical sur un marché lointain et strictement encadré. Elle permet aussi à de petits groupeurs et transformateurs de participer sans construire ni financer leur propre chaîne du froid pour le frais.
L'Australie comme marché de destination
L'Australie applique l'un des régimes de biosécurité et de conformité à l'importation les plus exigeants parmi les marchés développés, et satisfaire ces exigences constitue habituellement l'étape la plus longue et la plus coûteuse dans l'ouverture d'un nouveau courant d'échanges de fruits. Une première cargaison dédouanée porte donc une valeur d'information bien supérieure à sa taille.
Selon le compte rendu de Philippine News Agency, le DA-11 attribue l'opération au travail d'AMAD. La mission de cette division consiste à mettre en relation producteurs et transformateurs avec des acheteurs et à les accompagner sur la documentation, la certification et les exigences d'entrée sur les marchés — un rôle public qui pèse surtout pour les exportateurs petits et moyens, incapables de financer seuls la prospection commerciale.
Ce qu'il faudra surveiller
Trois éléments diront si cela devient un courant d'échanges ou reste un conteneur isolé. D'abord les commandes répétées : une deuxième et une troisième expédition dans la même campagne indiqueraient une relation commerciale et non un essai. Ensuite le nombre de transformateurs de Davao capables de respecter les spécifications requises, un fournisseur qualifié unique constituant un goulot d'étranglement plutôt qu'une base d'offre. Enfin la publication des volumes et des prix, sans lesquels le flux ne peut être ni dimensionné ni comparé au commerce établi de banane fraîche de la région.