Une association sud-coréenne réclame des normes rapides pour les sauces soja mélangées
Une organisation de consommateurs sud-coréenne demande des règles de composition et d’étiquetage pour la sauce soja mélangée. Elle propose un minimum de 50 % de sauce soja brassée après le reclassement prévu de la sauce hydrolysée à l’acide.
Le reclassement crée un vide réglementaire
La Corée du Sud est appelée à instaurer de nouvelles règles de composition et d’étiquetage pour les sauces soja mélangées, alors que le gouvernement révise le système de classification de son Code alimentaire. Cette réforme, la première depuis environ 10 ans, doit retirer la sauce soja hydrolysée à l’acide de la catégorie des pâtes et sauces fermentées. Elle serait transférée vers la catégorie générale des sauces sous le nom de « liquide d’acides aminés » ou de « liquide d’acides aminés hydrolysé à l’acide ».
La Citizens’ Coalition for Consumer Sovereignty estime que cette modification impose de revoir séparément le statut des sauces soja mélangées. Celles-ci associent une sauce soja brassée et fermentée à une sauce hydrolysée à l’acide. Après le transfert de cette dernière, elles se trouveraient à cheval sur deux catégories sans nouvelles règles clairement définies pour leur fabrication et leur étiquetage, selon KAIR News.
L’organisation demande au gouvernement d’inscrire dans le Code alimentaire une définition formelle ainsi qu’une norme de composition. Elle estime également que les produits portant le nom de « sauce soja » doivent conserver les caractéristiques généralement associées par les consommateurs à un produit fermenté.
Un seuil de 50 % de sauce brassée proposé
La coalition propose que la sauce soja brassée représente au moins 50 % de tout produit commercialisé comme sauce soja mélangée. Ce seuil établirait une distinction nette entre les produits reposant principalement sur une sauce fermentée et ceux dominés par des ingrédients hydrolysés à l’acide.
Les produits situés sous le seuil proposé devraient relever d’un autre type d’aliment ou utiliser une dénomination distincte, selon l’organisation. Celle-ci réclame aussi l’affichage visible, sur la face avant de l’emballage, de la présence et des proportions de sauce soja brassée et de liquide d’acides aminés.
Le Code alimentaire distingue actuellement la sauce soja de type coréen, la sauce soja brassée, la sauce hydrolysée à l’acide, la sauce hydrolysée par voie enzymatique et la sauce mélangée. La coalition juge que ces catégories administratives reflètent les méthodes de production, mais n’aident pas nécessairement l’acheteur à déterminer si un produit est surtout fermenté ou principalement composé de matière hydrolysée.
De forts écarts de composition et de prix
Le dossier concerne un segment majeur du marché sud-coréen. Citant Mordor Intelligence, la coalition indique que les sauces soja mélangées ont représenté 54,62 % du chiffre d’affaires du marché national de la sauce soja en 2025. Les règles envisagées toucheraient donc la catégorie la plus largement achetée, et non un petit segment spécialisé.
Une étude menée par l’organisation dans le commerce de détail a constaté que la teneur en sauce hydrolysée à l’acide variait de 25 % à 93 % selon les produits portant pourtant la même dénomination. La coalition affirme que ces différences sont difficiles à repérer sur la face avant des emballages actuels.
Les fourchettes de prix différaient également. La sauce soja brassée coûtait environ 636–1 988 wons pour 100 ml, contre environ 178–1 151 wons pour 100 ml pour la sauce mélangée. Selon l’organisation, le seul nom du produit n’explique pas comment les ingrédients et les procédés de fabrication contribuent à cet écart.
Des changements de recettes et d’emballages en perspective
L’adoption d’un minimum de 50 % aurait des conséquences directes pour les fabricants utilisant une forte proportion de sauce hydrolysée à l’acide. Ils pourraient devoir augmenter la part de sauce brassée, transférer les produits concernés vers une autre catégorie réglementaire ou changer leur dénomination. L’affichage en face avant nécessiterait également une révision des emballages et une présentation plus visible de la composition.
Pour les producteurs et transformateurs, la question centrale est de savoir si la réforme se limitera au reclassement de la sauce hydrolysée à l’acide ou redéfinira également les produits qui l’utilisent. Les dispositions transitoires détermineront quelles recettes pourront conserver l’appellation de sauce soja mélangée et dans quels délais les étiquettes devront être remplacées.
La coalition considère que séparer la sauce hydrolysée à l’acide des produits fermentés n’apportera pas la clarté recherchée sans traiter simultanément les sauces mélangées. Elle demande donc l’adoption de règles de composition et d’étiquetage avant l’entrée en vigueur de la réforme générale, afin de limiter la confusion et de faciliter la comparaison de la qualité, du procédé et du prix.