La Corée du Sud développe ses exportations de fraises avec ses propres variétés
Les variétés créées en Corée du Sud représentent désormais 96% des fraises cultivées, alors que les cultivars japonais dominaient le marché il y a 20 ans. Les exportations annuelles dépassent 70 millions de dollars et la diversification variétale ouvre des débouchés au Moyen-Orient et en Amérique latine.
La sélection nationale transforme la filière
La Corée du Sud a transformé une filière autrefois dominée par des cultivars étrangers en une industrie où les variétés nationales atteignent un taux d’adoption de 96%. Il y a 20 ans, les variétés japonaises représentaient plus de 90% des fraises consommées dans le pays, selon Gyeongnam News. Cette évolution a réduit la dépendance à la génétique étrangère et donné aux producteurs davantage de possibilités pour adapter les fruits au marché intérieur comme à l’exportation.
La fraise est devenue le premier produit agricole sud-coréen en valeur, avec une production de 1 500 milliards de wons. Les exportations annuelles dépassent 70 millions de dollars, faisant de cette culture une source importante de revenu agricole et une composante visible des exportations alimentaires du pays. La croissance dépendra maintenant de la capacité des sélectionneurs et des producteurs à associer goût, rendement et efficacité à la fermeté et à la durée de conservation nécessaires aux transports lointains.
De nouvelles variétés élargissent les débouchés
Seolhyang a joué un rôle central dans l’expansion du marché intérieur. Sa productivité élevée et sa culture relativement simple ont convaincu les producteurs, tandis que sa richesse en jus et sa texture ont séduit les consommateurs. Ses limites apparaissent toutefois lors des exportations lointaines, pour lesquelles les fruits doivent supporter les manipulations et une longue durée de transport sans forte dégradation de leur qualité.
Les variétés conçues pour l’exportation répondent à cette contrainte. Geumsil associe une plus grande fermeté à une forte teneur en sucre et gagne du terrain en Asie du Sud-Est. Kingsberry mise sur une taille de fruit exceptionnelle. Selon Gyeongnam News, cette diversification aide les exportateurs à dépasser la Thaïlande et Singapour pour atteindre le Moyen-Orient et l’Amérique latine. Les producteurs peuvent ainsi choisir une variété en fonction du temps de trajet, du format de vente et des préférences locales plutôt que de dépendre d’un seul cultivar.
Le climat et les coûts accélèrent les investissements
La poursuite de l’expansion se heurte à des risques de production croissants. Le changement climatique et les températures anormalement élevées augmentent la fréquence des maladies persistantes, tandis que le vieillissement des agriculteurs et la hausse des coûts du travail et des matériaux freinent la productivité. Les fermes intelligentes et la modernisation des installations deviennent essentielles. Les progrès techniques permettent déjà de produire des fraises fermes et de qualité jusqu’en mai, alors que la saison était auparavant considérée comme presque terminée après le Nouvel An lunaire.
L’arrivée de jeunes agriculteurs dans les fermes intelligentes et l’agrandissement des exploitations devraient contribuer à stabiliser la production nationale. La filière doit encore fixer des règles de qualité cohérentes pour les producteurs passant aux variétés d’exportation, coordonner sa marque et limiter la concurrence excessive entre exportateurs coréens. Gyeongnam News cite parmi les priorités la diffusion efficace du dioxyde de carbone, le contrôle de l’environnement en saison froide, la surveillance des ravageurs et maladies ainsi que la réduction de la consommation énergétique des installations. Le développement de variétés multipliées par semences est également proposé pour diminuer les risques sanitaires et renforcer la résistance climatique, avec la coopération des collectivités, des instituts nationaux de recherche et des producteurs.