Séoul et Alger préparent des projets de crevettes et de pommes de terre au Sahara
La Corée du Sud et l’Algérie veulent développer l’élevage de crevettes au Sahara et la production locale de plants certifiés de pommes de terre. Les investissements, les capacités et le calendrier de mise en œuvre n’ont pas encore été communiqués.
L’agriculture rejoint un programme bilatéral élargi
La Corée du Sud et l’Algérie souhaitent étendre leur partenariat stratégique vieux de 20 ans à l’aquaculture en milieu désertique et à la production de plants. L’ambassadeur sud-coréen en Algérie, Min Kyung-tae, a présenté des projets d’élevage de crevettes au Sahara et de production locale de plants certifiés de pommes de terre lors d’une réception organisée pour la fête nationale de son pays, selon Algerie360. Ces initiatives placent l’agriculture aux côtés de l’industrie, de l’énergie, de la transformation numérique et de l’enseignement dans la prochaine phase de coopération.
Les annonces ne précisent ni le montant des investissements, ni les capacités de production, ni les sites, ni les dates de mise en service. Elles définissent donc une orientation de coopération plutôt que des projets commerciaux entièrement structurés. Pour les producteurs et les investisseurs, les principaux paramètres seront la gestion de l’eau, les besoins énergétiques, les performances biologiques en milieu désertique et la mise en place de chaînes locales fiables pour les intrants, le stockage et la distribution.
Crevettes et plants certifiés de pommes de terre
Le premier projet doit appliquer le savoir-faire aquacole sud-coréen dans le sud aride de l’Algérie. JUST-INFODZ indique que le concept repose sur des technologies adaptées aux milieux extrêmes et sur l’utilisation des réserves d’eau souterraines du désert algérien. Une exploitation à l’échelle commerciale pourrait créer une nouvelle source de crevettes pour le marché intérieur. Les articles ne donnent toutefois aucun objectif de production ou de consommation d’eau et ne détaillent pas les installations de transformation ou la chaîne du froid.
Le second projet porte sur la production locale de plants certifiés de pommes de terre grâce à des techniques d’agriculture intelligente adaptées au climat saharien. Une offre nationale donnerait aux producteurs algériens une source supplémentaire de matériel végétal et renforcerait les compétences du pays en multiplication et en certification. L’effet sur le marché dépendra de la qualité, des volumes multipliés, du contrôle des maladies et de la distribution aux exploitations commerciales. Aucune des deux publications ne nomme les entreprises sud-coréennes concernées ni ne précise le montage financier ou capitalistique.
Le commerce énergétique fournit le socle économique
Les projets agricoles s’inscrivent dans une relation économique beaucoup plus large. D’après Algerie360, l’Algérie est devenue pour la première fois le premier fournisseur de naphta de la Corée du Sud au premier semestre, avec 17,2% du marché sud-coréen. Min Kyung-tae estime que cette position dans l’énergie conventionnelle peut favoriser la coopération dans des secteurs à plus forte valeur ajoutée. Le programme couvre aussi l’industrie de pointe, l’automobile, le gaz naturel liquéfié, les énergies renouvelables, l’hydrogène, la gestion des données et les technologies numériques.
Les entreprises sud-coréennes ont déjà acquis une expérience en Algérie avec des centrales électriques, des infrastructures portuaires et des villes nouvelles. Un accord signé en juillet en vue d’ouvrir une liaison aérienne directe entre Alger et Séoul doit faciliter les déplacements des entrepreneurs, des ingénieurs et des étudiants, mais aucune date de lancement n’est indiquée. Pour les projets sahariens, de meilleures connexions techniques et logistiques faciliteraient l’acheminement des spécialistes et des équipements. Leur viabilité dépendra néanmoins de rendements mesurables, des coûts d’exploitation et d’un usage sécurisé des ressources. Tant que les capacités, le financement et le calendrier ne sont pas publiés, ces projets restent des composantes préliminaires d’un partenariat technologique en développement.