Le commerce agricole entre l’Algérie et la Russie progresse de plus de 40 %
Le commerce agricole entre l’Algérie et la Russie a progressé de plus de 40 % sur un an durant les premiers mois de 2026, porté par les céréales et les matières premières alimentaires. Alger veut convertir son pouvoir d’achat en investissements russes, coentreprises et transferts technologiques tout en maintenant des sources d’approvisionnement diversifiées.
Les livraisons de céréales accélèrent les échanges
Le commerce agricole et alimentaire entre l’Algérie et la Russie a progressé de plus de 40 % durant les premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025, selon Just Info DZ. La publication attribue cette expansion à d’importantes livraisons de céréales et d’autres matières premières alimentaires, qui renforcent la place du marché algérien parmi les débouchés des exportateurs russes.
Le blé reste le produit central de cette relation. La Russie a livré environ 1,7 million de tonnes de blé à l’Algérie durant la campagne 2024-2025, tandis que les prévisions pour 2025-2026 approchent 2 millions de tonnes. La présence russe se renforcerait ainsi sur un grand marché céréalier nord-africain. La source ne fournit toutefois ni la valeur des échanges bilatéraux ni la ventilation des autres produits agricoles.
L’Algérie entretient la concurrence entre fournisseurs
L’Algérie développe ses échanges avec la Russie sans se reposer sur une seule origine. Ses acheteurs publics continuent de répartir leurs approvisionnements entre l’Europe, la région de la mer Noire et les Amériques. Cette combinaison leur permet de négocier les prix, les coûts de fret et les critères de qualité, notamment la teneur en protéines et le taux d’humidité.
Cette politique réduit aussi l’exposition aux perturbations géopolitiques et climatiques. Le blé russe peut gagner des parts de marché lorsque son prix, sa qualité et sa logistique sont compétitifs, mais il reste confronté aux cargaisons des autres régions productrices. Pour les négociants et les exportateurs, la progression attendue vers 2 millions de tonnes constitue donc une occasion commerciale, et non un accord d’approvisionnement exclusif.
Des importations à la production locale
L’Algérie souhaite désormais utiliser sa demande d’importation pour attirer des investissements dans le pays. Lors de la 13e session de la Commission mixte intergouvernementale algéro-russe à Moscou, l’ambassadeur de Russie en Algérie, Alexey Solomatin, a indiqué que son pays ne cherchait plus uniquement à vendre des produits bruts et des engrais. Moscou propose également des investissements directs par l’intermédiaire de coentreprises et des transferts technologiques ciblés, rapporte Just Info DZ.
Cette démarche correspond aux projets algériens de mise en valeur de vastes zones agricoles dans le Sud et de réduction de la facture d’importation. La source ne mentionne aucune entreprise précise, aucun montant d’investissement, aucune capacité de production ni aucun calendrier ferme. La prochaine étape dépendra donc de la capacité des gouvernements et des investisseurs privés à transformer ces propositions en activités financées assorties d’objectifs de production définis.
La croissance des échanges engage les investisseurs
Pour l’Algérie, des projets locaux pourraient apporter des capacités et des compétences techniques supplémentaires tout en préservant l’accès aux céréales importées. Pour les fournisseurs russes, l’investissement pourrait établir une présence durable au-delà des ventes saisonnières de matières premières. Les coentreprises pourraient aussi relier équipements, intrants et savoir-faire productif aux priorités algériennes d’aménagement agricole, même si les secteurs concernés n’ont pas encore été précisés.
La hausse annoncée de plus de 40 % montre que le canal agricole bilatéral s’élargit déjà rapidement. Sa solidité dépendra non seulement des volumes de blé, mais aussi de la concrétisation des engagements d’investissement et de technologie, sans réduction de la concurrence entre fournisseurs. Dans l’attente de projets concrets, le commerce des céréales, et surtout du blé, restera le socle mesurable de la relation.