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La Grèce et quatre États de l'UE réclament une aide d'urgence pour l'élevage

La Grèce et quatre autres États membres ont transmis à la Commission européenne un non-paper commun appelant à une « action urgente » pour l'élevage. Le document demande un soutien financier aux éleveurs et davantage de souplesse dans l'application des règles sanitaires de l'UE. Les pays cosignataires n'ont pas été identifiés et aucun montant n'a été communiqué.

La Grèce et quatre États de l'UE réclament une aide d'urgence pour l'élevage

La Grèce et quatre autres États membres de l'Union européenne ont demandé à la Commission européenne un soutien financier pour leurs filières d'élevage ainsi qu'une plus grande souplesse dans l'application des règles sanitaires européennes. Ces demandes figurent dans un non-paper commun présenté comme un appel à une « action urgente ».

Un non-paper est un texte de position informel et non signé, utilisé dans la pratique communautaire pour faire circuler une proposition avant son dépôt par les voies formelles. Il n'a aucune portée juridique et n'engage ni ses auteurs ni la Commission, mais c'est ainsi qu'un groupe de capitales teste habituellement les soutiens avant un Conseil Agriculture et pêche.

Les quatre États membres qui appuient la Grèce n'ont pas été nommés et aucun chiffre n'a été avancé pour le soutien réclamé. Le document porte deux exigences distinctes : de l'argent pour les éleveurs et une marge de manœuvre dans l'application des mesures vétérinaires sur le terrain.

Deux exigences dans un même texte

Le volet financier concerne les exploitations touchées par les maladies animales et par les mesures de lutte qui suivent un foyer. Ce type de demande couvre généralement, dans l'UE :

  • l'indemnisation des animaux abattus sur ordre des autorités ;
  • les pertes de revenu liées aux restrictions de mouvement et aux zones de blocage ;
  • le coût de la biosécurité, des analyses et de l'équarrissage ;
  • les pertes commerciales là où des interdictions régionales d'exportation coupent les éleveurs de leurs acheteurs.

La seconde exigence vise le cadre vétérinaire européen bâti autour de la loi de santé animale, qui impose des réponses obligatoires face aux maladies répertoriées : abattage, zones de protection et de surveillance, interdictions de mouvement, obligations de nettoyage et de désinfection, certification pour les échanges intracommunautaires. Une fois une maladie répertoriée confirmée, les autorités nationales disposent d'une marge d'appréciation limitée.

Pourquoi la souplesse est sensible

Ces mêmes règles fondent la reconnaissance du statut sanitaire de l'UE par ses partenaires commerciaux. Les pays tiers acceptent la régionalisation — limiter les interdictions aux zones touchées plutôt qu'à un territoire entier — seulement tant qu'ils font confiance à l'homogénéité du zonage et des contrôles. Si l'application paraît se relâcher dans un État membre, les importateurs réagissent souvent à l'échelle nationale, voire à celle de l'Union : c'est la raison pour laquelle la Commission a toujours résisté aux dérogations par pays. L'argument inverse, connu des précédents différends sur le contrôle vétérinaire, veut que des règles conçues pour de grandes unités intensives s'appliquent mal aux systèmes extensifs, de montagne et transhumants répandus en Europe du Sud, où les troupeaux sont petits, dispersés et plus difficiles à tracer.

Quels instruments pourraient être mobilisés

Si la Commission décide d'agir, plusieurs canaux existent. La réserve agricole, reconstituée chaque année dans le budget de la politique agricole commune, est la voie la plus rapide et a déjà servi à plusieurs reprises lors de crises sectorielles. Les mesures exceptionnelles de soutien du marché prévues par l'organisation commune des marchés permettent des paiements ciblés aux éleveurs touchés. Les aides nationales nécessitent une validation de Bruxelles au titre des aides d'État. Les États membres peuvent aussi modifier leurs plans stratégiques PAC pour réorienter des fonds de développement rural vers la biosécurité, le repeuplement et la reconstitution des cheptels. Les programmes d'éradication et de surveillance sont déjà cofinancés par le budget européen. Aucune de ces pistes n'a été confirmée en lien avec le non-paper.

La suite

Aucune réponse de la Commission n'a été rapportée et aucun calendrier n'a été fixé. Les non-papers deviennent en général publics peu avant que le sujet n'arrive au Conseil Agriculture et pêche, où un groupe de cinq États membres peut imposer un débat même sans proposition législative formelle. Pour les éleveurs et les négociants, trois questions comptent : le montant d'une éventuelle enveloppe, son financement européen ou national, et l'effet d'un assouplissement des mesures de lutte sur le statut sanitaire qui conditionne les exportations d'animaux vivants, de viande et de produits laitiers de ces pays.

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