La Chine et l’Azerbaïdjan accélèrent leurs ventes d’engrais à l’Ukraine
L’Ukraine importe chaque année entre 2,5 et 2,7 millions de tonnes d’engrais minéraux, la Pologne restant son premier fournisseur. En trois ans, les livraisons chinoises ont presque été multipliées par 9 et celles de l’Azerbaïdjan par près de 25.
L’Ukraine importe jusqu’à 2,7 millions de tonnes par an
Les importations ukrainiennes d’engrais minéraux ont atteint entre 2,5 et 2,7 millions de tonnes par an ces dernières années, selon les données d’Eurostat et les analyses de l’Institut polonais d’économie agricole et alimentaire. À cette échelle, les achats extérieurs jouent un rôle important dans l’approvisionnement des agriculteurs ukrainiens.
Les engrais azotés à élément nutritif unique représentent plus de la moitié du volume total importé. Les livraisons d’engrais composés dépassent 1 million de tonnes par an, formant un deuxième grand segment sur lequel les producteurs étrangers se disputent la demande ukrainienne.
La Pologne conserve la première place
La Pologne reste le principal partenaire de l’Ukraine pour les engrais et fournit surtout des produits azotés et composés, a rapporté Top Agrar. Selon Arkadiusz Zalewski, les producteurs polonais conservent la position la plus forte pour les livraisons des principales catégories d’engrais.
Cette avance assure aux fabricants polonais une présence substantielle dans les deux plus grands segments d’importation ukrainiens. La base de fournisseurs s’élargit toutefois, notamment pour les engrais azotés, à mesure que la Chine et l’Azerbaïdjan développent leurs ventes.
La Chine et l’Azerbaïdjan accélèrent leurs livraisons
Le principal changement des trois dernières années est la montée rapide de nouvelles origines. La Chine a presque multiplié ses livraisons d’engrais par 9, avec une prédominance des produits azotés. L’Azerbaïdjan a enregistré une hausse encore plus marquée : ses expéditions, exclusivement composées d’engrais azotés, ont été multipliées par près de 25.
Ces taux de croissance ne signifient pas que l’un de ces pays a dépassé la Pologne en volume absolu. Ils montrent néanmoins que la concurrence augmente dans le segment qui représente plus de la moitié des importations ukrainiennes d’engrais. Pour les producteurs et les négociants, l’élargissement des sources accroît la compétition sur les prix, la disponibilité des produits et les conditions de livraison.
La Bulgarie a également rejoint le groupe des principaux fournisseurs, en se concentrant surtout sur les engrais composés. Son rôle diffère de celui de l’Azerbaïdjan, présent uniquement sur le segment azoté, et de celui de la Chine, dont les expéditions sont elles aussi dominées par les produits azotés.
Le type d’engrais détermine les flux commerciaux
Les sources d’approvisionnement de l’Ukraine varient nettement selon le produit. La Pologne occupe une position large dans les engrais azotés et composés, tandis que la Chine et l’Azerbaïdjan progressent principalement dans l’azote. La Bulgarie se concentre sur les engrais composés, alors que les besoins en potasse sont surtout couverts par des importations de Jordanie et d’Espagne.
Cette répartition montre que l’Ukraine ne remplace pas un fournisseur par un autre sur l’ensemble du marché. Différents groupes de pays exportateurs rivalisent au sein de catégories particulières. Les engrais azotés forment le segment le plus important et le plus disputé, tandis que les engrais composés et potassiques empruntent d’autres circuits.
Pour les importateurs ukrainiens, une base de fournisseurs plus large peut réduire la dépendance à une seule origine, même si les données disponibles ne précisent ni les prix ni les volumes par pays. Pour les producteurs polonais, l’enjeu commercial central consiste à défendre leur première place face à l’essor des livraisons chinoises et azerbaïdjanaises. Les fournisseurs bulgares, jordaniens et espagnols restent importants, car ils servent des catégories dont l’approvisionnement diffère du marché de l’azote.