← Retour aux actualités

Les céréales hésitent entre pétrole, dollar et risques en mer Noire

La hausse du pétrole, le renforcement du dollar et les perturbations en mer Noire envoient des signaux contradictoires aux marchés céréaliers. Le blé français en bénéficie, tandis que les basses eaux freinent la trituration européenne des oléagineux.

Les céréales hésitent entre pétrole, dollar et risques en mer Noire

La macroéconomie domine les fondamentaux physiques

Les marchés céréaliers mondiaux peinent à trouver une direction claire, les facteurs macroéconomiques l’emportant sur les évolutions limitées de l’offre physique. La France Agricole indique que le Brent a progressé de 60 % depuis le début de l’année, ravivant les craintes inflationnistes et pesant sur l’ensemble des matières premières. Sur le terrain, la situation a toutefois peu changé en mer Noire comme au Moyen-Orient.

Le dollar renforce son rôle de valeur refuge face aux incertitudes budgétaires et politiques en Europe, particulièrement en France. L’euro-dollar est tombé à 1,123, son plus bas niveau depuis mai 2025, améliorant la compétitivité des céréales françaises. Ce même mouvement pénalise les exportations américaines de blé et renchérit les importations européennes.

Les perturbations en mer Noire soutiennent le blé français

Les attaques contre des navires commerciaux près des ports bulgares et le blocage persistant des exportations maritimes entretiennent une prime de risque et réorientent les flux internationaux. La demande des importateurs commence à profiter au blé français après un mois de septembre 2026 inférieur aux attentes. Le programme de chargement d’octobre est bien rempli, mais novembre sera décisif avant l’arrivée de l’offre de l’hémisphère Sud. Le blé argentin gagne en compétitivité et pourrait prendre des contrats à la France.

L’Arabie saoudite a récemment organisé un appel d’offres et l’Égypte pourrait revenir aux achats. L’Algérie pourrait également se manifester, mais continue d’écarter le blé français. Le blé rendu Rouen s’établit à 243,5 € la tonne après un sommet de campagne à 250 €. À Chicago, le blé américain de décembre 2026 peine à tenir 6,84 $ le boisseau. L’orge se négocie autour de 222 € la tonne à Rouen, contre un sommet de 226 €, la diminution des disponibilités roumaines et bulgares orientant les acheteurs vers l’Europe occidentale.

Les basses eaux tendent le marché des oléagineux

Les fabricants européens d’aliments du bétail augmentent leurs achats intracommunautaires, car le maïs reste cher. Parallèlement, les semis d’orge avancent dans des conditions très sèches et le début de la récolte ukrainienne alimente les inquiétudes sur les capacités de stockage hivernal. Les faibles niveaux du Rhin, de la Moselle et du Danube gênent le transport fluvial et ralentissent la trituration, notamment sur le site allemand de Mannheim.

La France Agricole rapporte que le colza FOB Moselle a perdu 25 € la tonne en une semaine, à 51,5 € la tonne, les fermetures d’usines ayant réduit la demande immédiate. À plus long terme, le bilan européen reste tendu : Argus attend seulement 1,5 million de tonnes du Canada et près de 2,5 millions de tonnes d’Australie, dont les premiers navires n’arriveraient pas avant janvier. Le tourteau de soja à Montoir atteint 455 € la tonne, un plus haut depuis juin 2024, tandis que l’échéance de décembre 2026 à Chicago dépasse 360 $ la tonne courte. La production américaine de soja est estimée à plus de 121 millions de tonnes. Au Mato Grosso, les semis brésiliens de 2026–2027 atteignent 10 %, avec un risque El Niño toujours présent.

Analyse complète du marché

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience de navigation, fournir du contenu personnalisé et analyser notre trafic. En cliquant sur "Tout accepter", vous consentez à notre utilisation de cookies. Vous pouvez gérer vos préférences ou en savoir plus dans notre Politique de confidentialité.