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Le Canada relance ses surfaces et exportations de pommes de terre malgré la pression des coûts

La filière canadienne de la pomme de terre s’est redressée après les mauvaises récoltes de 2021 et 2022 grâce à davantage de surfaces, des variétés plus productives et des exportations accrues. Ce rebond a créé une offre excédentaire en 2024 et 2025, tandis que demande, main-d’œuvre, climat et coûts pèsent sur les producteurs.

Le Canada relance ses surfaces et exportations de pommes de terre malgré la pression des coûts

La production rebondit après deux campagnes difficiles

L’industrie canadienne de la pomme de terre aborde les prochaines campagnes avec un optimisme prudent après les perturbations météorologiques, les pénuries et la volatilité. Victoria Stamper, directrice générale de United Potato Growers of Canada, a déclaré à The Scottish Farmer que les mauvaises récoltes de 2021 et 2022 avaient provoqué des pénuries en Amérique du Nord. Les producteurs ont ensuite accru les surfaces et privilégié des variétés jaunes plus productives, permettant une nette reprise de la production et des exportations.

Cette expansion a également modifié l’équilibre du marché. Selon Stamper, les surfaces supplémentaires et les meilleurs rendements ont créé une offre excédentaire en 2024 et 2025. Les prix de la pomme de terre fraîche ont fortement reculé aux États-Unis, tandis que le Canada a conservé davantage de stabilité grâce à la demande des transformateurs et au soutien des consommateurs aux produits nationaux. L’intégration du marché nord-américain expose toutefois les fournisseurs canadiens aux variations de l’offre, des prix et de la consommation aux États-Unis.

La demande ralentit, les coûts restent élevés

L’incertitude économique, l’évolution des habitudes alimentaires, les étés plus chauds et la baisse de fréquentation des restaurants compliquent le marché de la pomme de terre fraîche. L’utilisation croissante de médicaments GLP-1 contre l’obésité pourrait aussi réduire la consommation et la taille des portions, notamment dans la restauration. Stamper a indiqué que la demande avait ralenti l’an dernier, surtout dans la transformation, incitant les producteurs à planifier avec plus de prudence.

Les marges restent sous pression malgré une certaine stabilisation des prix du carburant et des engrais l’an dernier. The Scottish Farmer fait état de fortes hausses récentes pour les engrais, les produits phytosanitaires, le carburant, les machines, l’énergie de stockage et les taux d’intérêt. Le conflit au Moyen-Orient a de nouveau renchéri carburants et engrais, tandis que la réduction de la production mondiale d’engrais et les perturbations maritimes font craindre d’éventuelles pénuries.

Main-d’œuvre, climat et maladies guident les investissements

La plantation, le tri et la récolte restent très intensifs en main-d’œuvre, rendant les programmes de travailleurs saisonniers essentiels. Les producteurs font face à davantage de formalités, à des obligations d’hébergement et à la concurrence d’autres secteurs pour recruter. Les risques climatiques s’accentuent également : sécheresse, pluies excessives et chaleur, avec de l’érosion et des retards de récolte dans certaines régions, tandis que l’Ouest canadien subit une pression persistante sur l’irrigation.

Le mildiou, la verticilliose et les maladies de conservation demeurent des menaces majeures. D’éventuelles restrictions sur les produits phytosanitaires favorisent les investissements dans la lutte intégrée, l’application de précision et la surveillance. Les producteurs adoptent la fertilisation à dose variable, la cartographie des sols, les drones et l’imagerie satellitaire, ainsi que les couverts végétaux, le travail réduit du sol et de meilleures rotations. Les entrepôts climatisés, le suivi en temps réel, les capteurs d’humidité et l’irrigation automatisée visent à préserver la qualité et limiter les pertes.

Transformation et exportations soutiennent les perspectives

Le Canada exporte des produits surgelés à base de pommes de terre, des plants et des pommes de terre fraîches, principalement vers les États-Unis. Les investissements de McCain Foods, Cavendish Farms et Lamb Weston ont entraîné une expansion rapide des surfaces destinées à la transformation dans plusieurs provinces au cours des 10 dernières années. La production sous contrat domine de nombreuses régions, sécurisant les débouchés mais imposant une qualité constante, des rapports de durabilité et les normes strictes des transformateurs et chaînes de restauration rapide.

La concurrence internationale progresse avec l’expansion de la transformation en Europe et en Asie, notamment chez les producteurs à moindre coût de Chine et d’Inde. Selon Stamper, le Canada conserve ses avantages en matière de sécurité alimentaire, de qualité et de fiabilité. La demande de produits surgelés, l’automatisation, l’agriculture de précision et les variétés résistantes au climat offrent des possibilités de croissance. Il faudra toutefois maîtriser les risques liés au travail, à la réglementation, au climat et aux coûts sans recréer un cycle d’offre excédentaire.

Analyse complète du marché

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