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L’Extrême-Nord du Cameroun restreint les sorties de riz paddy, céréales et produits détaxés

L’Extrême-Nord du Cameroun interdit les sorties non autorisées de céréales locales et de riz paddy vers les pays voisins. La mesure bloque aussi la réexportation de riz, de sucre et d’autres produits importés avec des allègements douaniers destinés au marché camerounais.

L’Extrême-Nord du Cameroun restreint les sorties de riz paddy, céréales et produits détaxés

Les arrêtés régionaux réorientent les stocks vers le marché intérieur

La région de l’Extrême-Nord du Cameroun a restreint les sorties de riz paddy, de céréales et de certains produits de grande consommation afin de protéger l’approvisionnement alimentaire local. Le gouverneur Midjiyawa Bakari a signé le 17 septembre 2026 deux arrêtés visant les expéditions non autorisées de la région vers les pays voisins.

Selon EcoMatin, les mesures interdisent les exportations frauduleuses de céréales et de riz paddy produits localement. Cameroon Tribune rapporte que les arrêtés prohibent aussi la réexportation vers les marchés voisins de produits de base importés au Cameroun avec des réductions de droits de douane et de taxes. Cette catégorie comprend notamment le riz et le sucre réservés au marché national.

Les restrictions concernent une région marquée par d’importants échanges formels et informels avec le Tchad et le Nigeria. Les douanes n’ont pas communiqué les volumes écoulés par les circuits non autorisés, ce qui empêche de mesurer la baisse immédiate de l’offre transfrontalière. Les arrêtés imposent néanmoins le maintien des stocks concernés au Cameroun et prévoient des sanctions conformément à la réglementation en vigueur.

Les risques météorologiques et le soutien public motivent la décision

EcoMatin relie ces restrictions à des facteurs climatiques et économiques. L’Observatoire national sur les changements climatiques du Cameroun prévoit une baisse des précipitations pendant la campagne agricole en cours, ainsi que des risques d’inondations susceptibles de détruire des cultures. Le maintien de volumes supplémentaires dans la région doit renforcer l’approvisionnement des ménages si la production intérieure devient insuffisante.

La politique vise également à réduire les pertes de la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua, entreprise publique connue sous le sigle SEMRY. L’État soutient sa production de riz paddy, mais une partie des volumes serait détournée vers l’étranger par des circuits informels. Ces sorties réduisent l’offre destinée aux transformateurs et consommateurs camerounais malgré les dépenses publiques engagées en faveur de la production nationale.

EcoMatin cite les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui évaluent la production annuelle camerounaise de riz paddy à environ 340 000 tonnes. La présentation du titre de la publication mentionne une production de 370 000 tonnes en 2025, mais ce chiffre ne figure pas dans le texte fourni. Les arrêtés ne précisent ni objectif de production, ni quota de sortie autorisé, ni date de fin.

Les commerçants frontaliers face à un contrôle renforcé

La décision distingue deux flux commerciaux : les exportations illégales de céréales locales et les réexportations de produits importés bénéficiant d’allègements douaniers. Dans les deux cas, les autorités estiment que les marchandises soutenues par la politique camerounaise doivent approvisionner le marché intérieur plutôt que les consommateurs des pays voisins.

Pour les agriculteurs et les transformateurs, le maintien du riz paddy dans le pays pourrait accroître les volumes proposés aux rizeries locales, même si les sources ne fournissent aucun prix au producteur ou de gros. Les négociants approvisionnant le Tchad et le Nigeria auront moins accès aux marchandises de l’Extrême-Nord. L’application des arrêtés déterminera si les flux se déplacent vers des circuits autorisés, d’autres origines ou des itinéraires plus discrets.

Les restrictions remettent aussi en lumière une question budgétaire soulevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lors du lancement du budget 2024 à Maroua. Les exonérations fiscales sur les intrants agricoles importés doivent stimuler la production au Cameroun. Lorsque des produits subventionnés ou des biens de consommation bénéficiant d’allègements douaniers sortent par des circuits informels, une partie de l’effort fiscal profite en pratique aux marchés voisins plutôt qu’aux bénéficiaires camerounais visés.

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