La Bourse italienne de la pomme de terre prévoit une hausse des prix
La Bourse de la pomme de terre de Bologne prévoit des ajustements de prix pour les produits premium et conditionnés dès ses prochaines séances. Selon Teatro Naturale, chaleur, sécheresse et recul des surfaces pourraient réduire la production européenne moyenne de 15 à 20 %.
L’offre européenne de pommes de terre diminue
Le marché italien de la pomme de terre se prépare à une hausse des prix, alors que la chaleur extrême, la sécheresse prolongée et l’augmentation des coûts de production limitent l’offre européenne. Selon Teatro Naturale, la Commission paritaire de la Bourse de la pomme de terre de Bologne prévoit des ajustements dès les prochaines séances pour les pommes de terre premium et les produits conditionnés issus de filières contrôlées.
La commission s’est réunie à Bologne le vendredi 28 août, avant le démarrage en septembre de la pleine campagne de commercialisation. Sa première analyse fait apparaître une forte baisse des disponibilités en Italie, mais aussi chez les grands producteurs du nord de l’Europe, notamment la France, la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.
Les températures supérieures à 35–40 °C et le manque d’eau persistant ont pénalisé le développement des cultures. Les rendements reculent et les tubercules sont plus petits, ce qui peut réduire les volumes répondant aux cahiers des charges premium de la distribution et imposer un tri plus important avant la vente.
La production pourrait perdre jusqu’à 20 %
Les premières estimations citées par Teatro Naturale situent la baisse de la production européenne moyenne entre 15 et 20 %. L’impact météorologique est aggravé par un recul des surfaces cultivées estimé à environ 11 % en Europe. Ces deux facteurs annoncent un marché plus tendu au début de la principale campagne commerciale.
La pénurie se répercute déjà sur les transactions transfrontalières. Les prix pratiqués entre pays européens sont jugés inhabituellement élevés pour cette période de la saison. Comme plusieurs grands producteurs sont touchés simultanément, les acheteurs disposent de moins de possibilités pour remplacer les volumes nationaux manquants par des approvisionnements voisins.
La réduction du calibre aura des effets différents selon les acteurs. Les producteurs auront moins de volumes commercialisables, tandis que les conditionneurs devront renforcer le tri pour respecter les spécifications. Les acheteurs de pommes de terre premium et conditionnées subissent donc à la fois la baisse de l’offre et l’augmentation des coûts de préparation.
Carburants, engrais et réfrigération alourdissent les coûts
Les agriculteurs italiens ont également subi une hausse de leurs coûts de production en 2026, surtout pour les carburants et les engrais. Les charges après récolte ont elles aussi augmenté. La commission mentionne l’énergie nécessaire à la réfrigération, le conditionnement et un tri plus précis, ainsi que la hausse des frais de transport.
La Bourse de Bologne n’a communiqué ni hausse précise ni cotation cible. Sa commission estime néanmoins qu’un ajustement sera nécessaire dès les prochaines séances pour les pommes de terre premium et conditionnées de filière. Son ampleur dépendra des volumes mis sur le marché, de leur répartition qualitative et de la capacité des acheteurs à trouver d’autres fournisseurs européens.
Pour les producteurs, la hausse des cours pourrait compenser en partie la baisse des rendements et le renchérissement des intrants, sans garantir de meilleures marges. Les conditionneurs et distributeurs cumulent une matière première plus rare, des tubercules plus petits et des frais de stockage et de logistique plus élevés. La distribution et la restauration surveilleront la persistance de la pression sur les prix de gros lorsque la campagne de septembre atteindra son plein régime.