Enquête du Monde : les acquisitions de Bigard lui donnent la mainmise sur l'abattage bovin en France
Une enquête conjointe du Monde et de Lighthouse Reports révèle que le groupe de viande français Bigard a bâti une position dominante dans l'abattage bovin grâce à une série d'acquisitions approuvées par les autorités, dont Charal. Selon les médias, cette concentration se traduit pour les éleveurs par des trajets plus longs, des coûts élevés et une faible rémunération.
L'ascension de Bigard par les acquisitions
Une enquête conjointe du Monde et de Lighthouse Reports détaille comment le groupe de viande français Bigard a bâti une position dominante dans l'abattage bovin grâce à une longue série d'acquisitions, dont le rachat de la marque de viande bovine Charal et de plusieurs transformateurs concurrents. Selon les deux médias, chacune de ces opérations a été approuvée par les autorités, ce qui a permis au groupe de s'étendre pas à pas sans obstacle réglementaire.
L'enquête décrit le résultat comme une concentration des capacités d'abattage entre les mains d'un seul opérateur. À mesure que Bigard absorbait ses concurrents, le nombre d'acheteurs indépendants accessibles aux éleveurs s'est réduit, et le rapport de force s'est déplacé en faveur du groupe lors de la négociation des conditions d'achat et d'abattage des animaux.
Ce que cela signifie pour les éleveurs
Le Monde et Lighthouse Reports rapportent que les éleveurs doivent désormais parcourir des distances toujours plus longues pour conduire leurs bêtes à l'abattoir, à mesure que les sites de transformation sont regroupés sous le contrôle de Bigard. Des trajets plus longs alourdissent les coûts des producteurs et augmentent le temps et le stress liés au transport de bovins vivants.
Outre la hausse des coûts, l'enquête pointe la faible rémunération des éleveurs. Avec moins d'acheteurs de substitution, les producteurs disposent de peu de marge pour contester les prix et les conditions fixés par le groupe. Les médias présentent cette combinaison — trajets plus longs, coûts élevés et faible rémunération — comme la conséquence concrète d'un marché où une seule entreprise dicte les règles de l'abattage.
Une concentration validée par les autorités
Un point central de l'enquête est que l'expansion de Bigard s'est faite non pas au mépris du contrôle, mais avec l'aval des autorités à chaque étape. Les médias posent la question de savoir comment une succession d'acquisitions autorisées individuellement peut, prises ensemble, produire un niveau de concentration du marché qui ne laisse aux producteurs que peu de marge de négociation.
Le cas met en lumière une tension récurrente dans les chaînes alimentaires entre les intérêts des grands transformateurs, qui font valoir que la taille apporte de l'efficacité, et ceux des producteurs primaires, qui dépendent de la concurrence entre acheteurs pour obtenir des prix équitables. L'enquête du Monde et de Lighthouse Reports place la filière bovine française au cœur de ce débat.