La bière artisanale gagne du terrain en Italie malgré la baisse de la consommation
L’Italie compte 1 008 brasseries, dont 850 microbrasseries, et produit environ 480 000 hectolitres de bière artisanale. Le segment représente 2,5 % du marché et continue de progresser malgré le recul de la consommation totale.
La production artisanale progresse dans un marché en recul
La bière artisanale gagne du terrain en Italie alors même que la consommation globale de bière diminue. BusinessOnline, citant Unionbirrai, indique que le pays compte désormais 1 008 brasseries, dont 850 microbrasseries. La production artisanale atteint environ 480 000 hectolitres, soit 2,5 % du marché total. Cette part continue d’augmenter malgré le recul de la consommation nationale.
Le secteur a profondément évolué depuis les années 1990, époque où l’Italie ne comptait que quelques dizaines de microbrasseries et où trois ou quatre marques industrielles dominaient le marché. Les grands groupes perdent aujourd’hui des parts face à des consommateurs plus attentifs à la diversité, aux procédés de fabrication et à la qualité perçue. Les industriels restent tributaires des volumes, tandis que les petits producteurs misent sur la différenciation et une valeur unitaire supérieure.
La définition légale protège les brasseurs indépendants
L’Italie a officiellement défini la bière artisanale dans la loi 154/2016. Cette appellation est réservée aux bières produites par de petites brasseries indépendantes, sans pasteurisation ni microfiltration. Vittorio Ferraris, président d’Unionbirrai, a déclaré que la loi visait à protéger l’indépendance des brasseries, leurs méthodes de production et le droit des consommateurs à comprendre leur achat.
La différence de procédé a aussi des conséquences commerciales. La pasteurisation et la microfiltration prolongent la durée de conservation et facilitent la distribution de masse, mais peuvent modifier le profil sensoriel. La bière artisanale repose généralement sur l’eau, le malt d’orge, le houblon et la levure, tandis que le choix des matières premières et la fermentation déterminent le goût. L’appellation artisanale ne garantit toutefois pas la qualité, qui dépend du contrôle de la production, des ingrédients et du savoir-faire.
La demande industrielle faiblit, le sans-alcool progresse
La filière brassicole italienne pèse plus de 10 milliards d’euros, selon l’Observatoire Consumerismo. La consommation des ménages diminue conformément à une tendance européenne plus large. Eurostat a enregistré en 2024 une baisse de 2,2 % des dépenses réelles des ménages européens consacrées aux boissons alcoolisées, l’une des rares catégories de consommation en contraction.
Les bières peu ou pas alcoolisées suivent la trajectoire inverse. Leur part du marché italien est passée de 2,1 % en 2024 à 3,9 % en 2025, soit une hausse supérieure à 85 %. Les jeunes consommateurs souhaitant modérer leur consommation d’alcool incitent les groupes industriels comme les microbrasseries à investir. Les petits producteurs peuvent tester plus rapidement des recettes de niche, mais les grands groupes conservent leurs avantages en matière de distribution et de marketing.
Les allègements d’accise soutiennent les petites structures
Les réductions d’accise jouent un rôle important dans la concurrence. Les brasseries indépendantes produisant jusqu’à 10 000 hectolitres par an bénéficient d’une réduction de 50 %. Celle-ci atteint 30 % pour une production comprise entre 10 000 et 30 000 hectolitres, puis 20 % entre 30 000 et 60 000 hectolitres. Les établissements ne dépassant pas 240 hectolitres peuvent aussi utiliser un régime forfaitaire simplifié.
Ces mesures compensent en partie les coûts unitaires plus élevés des petites brasseries, mais leur part de marché de 2,5 % reste très inférieure aux volumes industriels. L’occasion immédiate consiste moins à remplacer les lagers de masse qu’à capter une demande à plus forte valeur et des catégories émergentes comme le sans-alcool. Pour les producteurs et les distributeurs, la croissance dépendra de l’équilibre entre différenciation, qualité constante, durée de conservation et accès aux circuits de vente.