Le Bélarus testera du cacao indonésien pour diversifier ses approvisionnements
Le Bélarus attend un lot d’essai de fèves de cacao indonésiennes avant la fin de 2026, en complément potentiel du Liberia, de la Côte d’Ivoire et du Venezuela. Cette initiative intervient dans un marché volatil après le recul depuis le sommet supérieur à 12 000 dollars la tonne de décembre 2024.
Un lot d’essai attendu avant la fin de l’année
Le Bélarus se prépare à recevoir un lot d’essai de fèves de cacao en provenance d’Indonésie avant la fin de 2026. Cette opération pourrait élargir les possibilités d’approvisionnement des fabricants nationaux de chocolat et de confiseries. Igor Grutso, vice-président du groupe alimentaire public Belgospishcheprom, a annoncé cette livraison sur la chaîne de télévision bélarussienne STV, selon aif.by.
Le volume du lot, le nom du fournisseur et les entreprises bélarussiennes chargées des essais n’ont pas été communiqués. Il s’agit donc d’une première évaluation commerciale et technique, et non de la confirmation d’un commerce régulier. Avant de conclure des achats récurrents, les chocolatiers doivent généralement contrôler la saveur, la teneur en matière grasse, l’homogénéité et la compatibilité des fèves avec leurs procédés et leurs recettes.
Le Bélarus élargit sa base de fournisseurs
Le Bélarus importe actuellement ses fèves de cacao du Liberia, de Côte d’Ivoire et du Venezuela, a rapporté aif.by. L’ajout de l’Indonésie permettrait de dépasser ces trois origines et donnerait aux transformateurs une option supplémentaire pour comparer les prix, les critères de qualité et les conditions de livraison.
Cette diversification compte puisque le Bélarus ne produit pas de cacao et que son industrie de la confiserie dépend de matières premières importées. Un essai concluant pourrait créer un nouveau flux commercial entre l’Indonésie et le Bélarus. Les sources disponibles ne précisent toutefois ni le volume annuel envisagé, ni la valeur des contrats, ni l’itinéraire logistique. Elles n’indiquent pas non plus si les achats indonésiens compléteraient les fournisseurs actuels ou remplaceraient une partie de leurs volumes.
L’Indonésie ajouterait un grand pays producteur asiatique à un portefeuille qui couvre déjà l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique latine. La Côte d’Ivoire approvisionne déjà le Bélarus, le Liberia constitue une deuxième origine ouest-africaine et le Venezuela représente l’Amérique latine. Pour les transformateurs bélarussiens, l’intérêt concret dépendra de la qualité des fèves, des coûts de transport, des modalités de paiement et de la fiabilité des livraisons suivantes.
Les cours du cacao restent volatils
Cette recherche d’un nouveau fournisseur intervient après des variations extrêmes des cours internationaux. Selon aif.by, le cacao a dépassé 12 000 dollars la tonne en décembre 2024, avec un pic à 13 000 dollars. En février 2026, les cotations étaient tombées sous 3 400 dollars la tonne. La publication situe le prix actuel autour de 6 000 dollars, soit un redressement depuis février, mais un niveau encore très inférieur au record.
Le rapport attribue une grande partie de cette volatilité à El Niño dans la zone tropicale du Pacifique. Dans les pays producteurs, ce phénomène climatique peut provoquer aussi bien des sécheresses que des pluies excessives. Ces deux situations nuisent au rendement des cacaoyers, perturbent les prévisions de récolte et amplifient les mouvements de prix pour les transformateurs qui ont besoin d’un approvisionnement stable.
Pour les chocolatiers, l’écart entre le pic de 13 000 dollars et le niveau actuel d’environ 6 000 dollars la tonne modifie fortement le coût des matières premières. Le rebond depuis moins de 3 400 dollars en février montre toutefois que les achats restent difficiles à planifier. Une base de fournisseurs plus large ne supprime pas le risque lié aux cours mondiaux, mais elle donne davantage de latitude pour négocier les contrats et gérer une interruption dans un pays d’origine.
Aucune hausse du chocolat attendue cette année
Oleg Zhidkov, directeur de Belgospishcheprom, estime que la phase de hausse la plus brutale des prix mondiaux des matières premières est terminée. Les prix du chocolat ne devraient pas augmenter cette année, selon les propos rapportés par aif.by.
Cette prévision renforce l’importance des choix d’approvisionnement. Les fabricants bélarussiens doivent sécuriser suffisamment de cacao tout en protégeant leurs marges sur un marché où le prix de la matière première a varié de plusieurs milliers de dollars la tonne en relativement peu de temps. Les essais détermineront si les fèves indonésiennes répondent aux exigences techniques et commerciales. Tant que les tests ne seront pas achevés et les contrats dévoilés, l’Indonésie restera un fournisseur potentiel plutôt qu’établi.