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La BAD accorde 18,8 millions de dollars au développement de la filière rizicole du Ghana

La Banque africaine de développement a approuvé une subvention de 18,8 millions de dollars pour la participation du Ghana au programme REWARD. Les fonds soutiendront l’agriculture résiliente au climat, l’irrigation, les équipements, la transformation et l’accès au marché afin de réduire la dépendance au riz importé.

La BAD accorde 18,8 millions de dollars au développement de la filière rizicole du Ghana

Un financement couvrant toute la chaîne du riz

Le Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé une subvention de 18,8 millions de dollars au gouvernement du Ghana pour renforcer la production nationale de riz et réduire l’exposition du pays aux céréales importées. Les fonds financeront la participation ghanéenne au Projet régional des chaînes de valeur résilientes du riz en Afrique de l’Ouest, appelé REWARD.

Selon Devdiscourse, la demande de riz au Ghana a augmenté plus vite que la production locale. Cette évolution a renforcé la dépendance envers les approvisionnements étrangers et l’exposition des consommateurs aux fluctuations des marchés mondiaux. Le nouveau programme doit traiter les contraintes de l’ensemble de la filière, au-delà des seules surfaces cultivées et quantités récoltées.

La subvention financera des pratiques agricoles résilientes au climat, l’irrigation, l’aménagement des terres, des machines modernes, des semences de qualité et de meilleures technologies de production. Elle soutiendra aussi la transformation, l’accès au marché et l’investissement privé. Ces maillons en aval détermineront si le supplément de riz paddy peut alimenter régulièrement le marché en produit fini.

Les districts de la savane du nord au cœur du projet

Le projet se concentrera dans certains districts de la Zone écologique de la savane du nord du Ghana. Cette région possède un potentiel agricole important, mais les producteurs y subissent les risques climatiques, des infrastructures insuffisantes et de faibles connexions avec les acheteurs. L’irrigation et l’aménagement doivent réduire la dépendance aux pluies imprévisibles, tandis que les machines, les semences et les technologies peuvent accroître la productivité.

La hausse de l’activité pourrait profiter à d’autres acteurs que les riziculteurs. Les opérateurs de machines, fournisseurs d’intrants, transporteurs, entreprises de stockage, transformateurs et négociants pourraient bénéficier de volumes plus importants. Les systèmes d’irrigation devront toutefois être entretenus, les machines rester accessibles et abordables, et les agriculteurs recevoir un appui technique.

Les routes, entrepôts et rizeries devront également absorber des récoltes plus abondantes. La faiblesse d’un seul maillon pourrait priver les transformateurs d’un approvisionnement régulier en paddy, même si les rendements augmentent, ou empêcher les producteurs de trouver des acheteurs fiables. REWARD associe donc l’aide aux exploitations aux investissements dans les infrastructures, la transformation et les circuits commerciaux.

La transformation et la logistique détermineront la compétitivité

L’augmentation de la production ne suffira pas nécessairement à remplacer le riz importé. Celui-ci circule déjà dans des réseaux de distribution établis et bénéficie d’habitudes d’achat bien ancrées. Le riz local doit rivaliser sur le prix, la qualité de l’usinage, l’emballage, la disponibilité et la régularité. Des installations modernes peuvent améliorer sa qualité, mais leur viabilité dépendra de volumes suffisants et prévisibles.

La coordination du marché sera tout aussi importante. Les agriculteurs ont besoin de liens fiables avec les transformateurs et les acheteurs, tandis que les rizeries doivent recevoir assez de paddy pour fonctionner efficacement. Le transport et le stockage pèseront sur les délais, les pertes et les coûts. Une filière mieux coordonnée pourrait attirer les investisseurs privés dont les capitaux seront nécessaires après la phase financée par la subvention.

Les résultats commerciaux serviront de test

Halima Hashi, responsable pays de la BAD au Ghana, a indiqué que le programme augmenterait la productivité, élargirait l’accès au marché et soutiendrait le développement des entreprises agricoles. Elle a aussi associé les investissements résilients au climat à la sécurité alimentaire, à l’emploi et à une croissance plus inclusive. Le projet soutient le programme Feed Ghana et les priorités de la banque en matière d’agriculture résiliente et de développement du secteur privé.

Les 18,8 millions de dollars peuvent réduire certaines contraintes productives et infrastructurelles, mais la substitution durable des importations dépendra des résultats commerciaux. Il faudra vérifier si l’irrigation stabilise les cultures, si les unités de transformation fonctionnent efficacement, si les agriculteurs accèdent aux machines et aux technologies, et si les entreprises investissent dans la logistique, le stockage et la distribution.

L’accès des petits producteurs et des participants disposant de moins de ressources influencera également l’impact du programme. Ils peuvent rencontrer davantage de difficultés pour obtenir des machines, l’irrigation, des financements ou des débouchés commerciaux. Le défi du Ghana n’est donc pas seulement de produire plus de riz, mais de relier durablement producteurs, transformateurs, transporteurs et marchés après l’épuisement des financements initiaux.

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