L’Association indienne du thé réclame un plan de soutien pour Darjeeling et Dooars
L’Association indienne du thé propose des mesures ciblées pour relancer les filières de Darjeeling et de Dooars–Terai. La production de Darjeeling est tombée de 14,49 millions de kg en 1990 à 5,6 millions de kg en 2025, tandis que des obligations sociales inégales pénalisent les plantations organisées.
L’ITA présente ses plans de relance pour le thé du Bengale du Nord
L’Association indienne du thé a publié le 26 août 2026 deux livres blancs demandant une intervention publique pour relancer les filières de Darjeeling et de la ceinture Dooars–Terai, dans le nord du Bengale. Les documents examinent les difficultés de production, de financement, de climat, de main-d’œuvre et de marché dans deux des régions théicoles les plus connues d’Inde.
L’association affirme que ses propositions visent à restaurer la compétitivité, protéger les moyens de subsistance et encourager les investissements à long terme. Des représentants de l’ITA ont rencontré le ministre de l’Industrie du Bengale-Occidental, Tapas Roy, le ministre des Finances, Swapan Dasgupta, et le conseiller du ministre en chef, Subrata Gupta. L’organisation espère que ces documents prolongeront le dialogue avec le gouvernement de l’État et déboucheront sur des mesures coordonnées assorties d’échéances précises.
La production de Darjeeling recule de plus de 60%
L’alerte la plus immédiate concerne Darjeeling, où la production annuelle de thé est passée de 14,49 millions de kg en 1990 à 5,6 millions de kg en 2025. Ce recul d’environ 61% réduit les volumes disponibles d’une région dont le thé bénéficie d’une indication géographique protégée.
L’ITA propose pour Darjeeling une enveloppe financière annuelle indicative d’environ ₹113 crore. Le soutien couvrirait la production de thé orthodoxe, les intérêts sur le fonds de roulement, le transport, la mécanisation, la protection sociale, la régénération des plantations et la modernisation des usines. L’étendue de la demande montre que l’association relie la baisse à la productivité des cultures, aux coûts salariaux, aux capacités de transformation et à l’accès au financement.
Dooars et Terai font face à deux structures de coûts
Le livre blanc consacré à Dooars et Terai cible ce que l’ITA qualifie d’asymétrie de marché entre petits producteurs et plantations organisées. Les petits planteurs représentent 68% de la production du Bengale-Occidental, sans supporter des obligations sociales légales comparables. Les plantations organisées prennent en charge le logement, les soins de santé et les coûts de conformité.
Selon l’association, le thé destiné au même marché repose ainsi sur deux bases de coûts différentes. L’ITA estime que cet écart pèse sur les prix aux enchères et menace la survie des plantations organisées. Le problème ne tient pas seulement à la croissance des petits producteurs, mais à l’absence d’obligations comparables entre entreprises utilisant les mêmes circuits commerciaux.
La réponse publique déterminera les perspectives d’investissement
Les deux régions ont besoin d’interventions différentes. Darjeeling doit avant tout enrayer la baisse durable de sa production et préserver les capacités liées à une origine mondialement reconnue. À Dooars et Terai, la question immédiate est de savoir si les plantations supportant d’importants coûts sociaux et réglementaires peuvent rester viables lorsque les enchères intègrent également une offre issue d’un modèle moins coûteux.
L’ITA n’a signalé aucune décision gouvernementale sur les dispositifs proposés. Les livres blancs constituent donc une demande de la filière, et non un plan de sauvetage approuvé. Pour les producteurs, transformateurs et acheteurs, la prochaine étape déterminante sera la décision du Bengale-Occidental et la répartition éventuelle des aides entre renouvellement des plantations, usines, financement, protection des salariés et modèles de production concurrents.