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L’agro-industrie argentine réclame un accord Mercosur-Inde pour développer ses ventes d’huiles

La filière oléagineuse argentine demande un accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Inde après des expéditions agricoles de 3,7 milliards de dollars en 2025. L’huile de soja domine les échanges, tandis que les perturbations touchant la Russie et l’Ukraine pourraient favoriser l’huile de tournesol argentine.

L’agro-industrie argentine réclame un accord Mercosur-Inde pour développer ses ventes d’huiles

La filière oléagineuse veut renforcer son accès à l’Inde

L’agro-industrie argentine demande un accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Inde afin de consolider sa position sur l’un de ses principaux marchés pour les huiles végétales. Gustavo Idígoras, président de la Chambre argentine de l’industrie huilière et du Centre des exportateurs de céréales, CIARA-CEC, estime qu’une relation stratégique de long terme doit s’appuyer sur un accord comparable à celui récemment conclu entre le Mercosur et l’Union européenne.

Cette demande intervient après une forte progression du commerce bilatéral. Selon News Digitales, qui cite l’institut statistique argentin INDEC, les expéditions agricoles argentines vers l’Inde ont atteint 3,7 milliards de dollars en 2025, avec l’huile de soja en tête. Idígoras a indiqué que les exportations vers ce pays avaient augmenté de 37% sur l’année et que l’excédent commercial bilatéral dépassait 4 milliards de dollars.

L’Argentine fournit principalement à l’Inde des huiles végétales et d’autres produits primaires. Dans l’autre sens, l’Inde exporte des médicaments, des produits chimiques, des machines et des pièces automobiles. L’accord commercial préférentiel entre le Mercosur et l’Inde est en vigueur depuis 2009, mais la filière argentine souhaite désormais engager des négociations de libre-échange plus larges.

L’huile de soja au cœur des échanges

Les huiles végétales représentent plus de 80% des ventes argentines à l’Inde, principalement sous forme d’huile de soja et de tournesol. D’après les estimations de la Bourse de commerce de Rosario, l’Inde a absorbé environ 48% des exportations argentines d’huile de soja et 30% de celles d’huile de tournesol entre 2018 et 2023.

Cette concentration rend la demande indienne particulièrement importante pour les triturateurs, les exportateurs et les producteurs argentins d’oléagineux. Les droits de douane et les règles d’accès au marché ont donc un effet direct sur les marges de transformation et les volumes exportés. Selon Idígoras, l’Argentine était en 2025 le premier fournisseur d’huiles végétales de l’Inde.

La proposition de la filière a été mise en avant lors de la visite d’une délégation de la Confédération de l’industrie indienne à la Bourse des céréales de Buenos Aires. Elle réunissait 23 chefs d’entreprise accompagnant le secrétaire indien au Commerce, Shri Rajesh Agrawal. Cette visite a permis d’aborder un resserrement des relations commerciales, alors que l’Argentine veut préserver et accroître sa place sur le marché indien des huiles alimentaires.

L’huile de tournesol prend une dimension stratégique

CIARA-CEC voit un potentiel particulier dans l’augmentation des ventes d’huile de tournesol. La Russie et l’Ukraine comptent parmi les grands fournisseurs, mais la poursuite de leur conflit entrave les échanges. Idígoras considère le caractère pacifique de l’Argentine et sa fiabilité comme fournisseur comme des avantages concurrentiels dans ce contexte.

Les perspectives dépassent toutefois les huiles agricoles. Les gouvernements argentin et indien ont développé des programmes de coopération concernant le lithium, le cuivre, le gaz naturel liquéfié, les mines, l’énergie, les produits pharmaceutiques et l’agriculture. Un accord plus large entre le Mercosur et l’Inde pourrait donc toucher plusieurs secteurs, même si les huiles végétales resteraient la priorité commerciale immédiate compte tenu des volumes existants.

Pour l’Argentine, l’enjeu est de déterminer si un accès institutionnel renforcé peut transformer un flux commercial déjà important en croissance durable. Pour l’Inde, des liens plus étroits permettraient de diversifier les fournisseurs d’huiles alimentaires alors que les approvisionnements de la mer Noire restent exposés aux risques géopolitiques. Les négociations devront concilier les intérêts des membres du Mercosur, mais les chiffres actuels donnent à la filière argentine des arguments concrets pour placer l’Inde en tête des priorités extérieures du bloc.

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