L’Afghanistan affirme que sa production de sel couvre désormais ses besoins
L’association industrielle afghane affirme que la production annuelle de sel atteint 344 000 tonnes, contre des besoins intérieurs estimés à 300 000 tonnes. Les autorités ont interrompu les importations, auparavant fournies en grande partie par le Pakistan et l’Iran, tandis que la filière prépare d’éventuelles exportations.
La production dépasse les besoins estimés
L’Afghanistan a atteint l’autosuffisance en sel et n’a plus besoin d’en importer, selon l’association industrielle du pays sous l’administration talibane. Cette affirmation fait suite à l’expansion des capacités nationales d’extraction et de transformation destinées au marché intérieur.
Hamdullah Fitrat, porte-parole adjoint des talibans, a estimé les besoins annuels de l’Afghanistan à environ 300 000 tonnes de sel. La production nationale atteint désormais 344 000 tonnes par an, soit un surplus déclaré de 44 000 tonnes par rapport à la demande estimée.
Les capacités locales dépassent ainsi d’environ 15 % les besoins annoncés. La source ne fournit toutefois aucune information sur les stocks, la répartition régionale, le taux d’utilisation des usines, les coûts de production ou la conformité de l’ensemble des volumes aux exigences des fabricants alimentaires et des autres acheteurs industriels.
Quatorze mines alimentent les transformateurs
Le sel est extrait dans 14 mines situées dans différentes provinces afghanes, puis envoyé vers des dizaines d’unités de raffinage et de transformation, selon des responsables cités par Memar Press. Ces installations préparent le produit pour sa commercialisation sur le marché national.
La chaîne d’approvisionnement ne se limite donc pas à l’activité minière. Le raffinage, le contrôle de la qualité et le conditionnement détermineront si le sel local peut remplacer durablement les produits importés dans les usages industriels et de consommation. L’association industrielle dit travailler à l’amélioration du raffinage et de la qualité ainsi qu’au développement d’emballages normalisés.
Ces avancées compteront également pour l’emploi et l’investissement. Une extraction accrue peut soutenir davantage d’activité de transformation, mais les nouvelles capacités devront offrir une qualité fiable et accéder aux clients pour rester commercialement viables.
L’arrêt des importations touche le Pakistan et l’Iran
Fitrat a déclaré que l’Afghanistan avait interrompu ses importations de sel afin de soutenir la production nationale. Ces dernières années, une part importante des besoins du marché afghan était couverte par des livraisons provenant du Pakistan et de l’Iran, rapporte Memar Press.
Cette décision supprime un débouché proche pour les fournisseurs des deux pays et transfère une part plus importante du marché aux entreprises afghanes d’extraction, de raffinage et de conditionnement. La source ne précise ni les volumes importés précédemment, ni les prix, ni le mécanisme juridique appliqué pour arrêter les livraisons, ce qui empêche de mesurer l’effet immédiat sur les échanges transfrontaliers.
Pour les acheteurs afghans, la question centrale sera la capacité des fournisseurs locaux à proposer des volumes stables et des caractéristiques constantes dans tout le pays. Une production nationale supérieure à la demande globale ne garantit pas une disponibilité dans chaque province, notamment lorsque les conditions de transport, de stockage et de distribution diffèrent.
La filière prépare d’éventuelles exportations
L’association industrielle affirme que les conditions nécessaires à l’arrivée du sel afghan sur les marchés étrangers sont en cours de développement. Les préparatifs pour lancer les exportations se poursuivent et les responsables estiment qu’un élargissement des marchés cibles pourrait générer des revenus pour les secteurs minier et manufacturier national.
L’écart annoncé de 44 000 tonnes entre la production et les besoins intérieurs constitue une base potentielle pour les exportations, sans représenter automatiquement une offre entièrement exportable. Les stocks nationaux, les pertes de transformation, les différentes qualités de produit et les contraintes logistiques pourraient réduire les volumes accessibles aux acheteurs étrangers.
Les experts cités dans le rapport estiment que le développement des exportations exigera une qualité constante, le respect des normes internationales et un accès aux marchés régionaux et mondiaux. Après la substitution aux importations, la filière devra donc réussir un test commercial : prouver que ses capacités peuvent couvrir le marché intérieur tout en livrant à l’étranger un sel normalisé et compétitif.