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Les vignerons français misent sur les cocktails prêts à boire face au recul du vin

Les coopératives et domaines français développent des cocktails prêts à boire à base de vin pour compenser le recul des ventes traditionnelles. Plusieurs premiers lots épuisés ont entraîné de nouveaux embouteillages, une distribution nationale et des formats adaptés aux bars et festivals.

Les vignerons français misent sur les cocktails prêts à boire face au recul du vin

Les producteurs cherchent un nouvel accès aux consommateurs

Les coopératives, viticulteurs et domaines français investissent le marché des cocktails prêts à boire afin de compenser la baisse des ventes de vin traditionnel. Selon le média économique grec OT, les boissons pétillantes, aromatisées et moins alcoolisées permettent de toucher les jeunes consommateurs et les personnes qui choisissent rarement du vin.

La coopérative Vignerons des Collines du Bourdic, dans le Gard, a lancé VGaz le 21 juin 2025. La première production de 9 000 bouteilles a été épuisée en trois mois, conduisant à un second embouteillage de même volume. La coopérative espère désormais vendre 36 000 bouteilles cette année, d’après une publication de l’organisation viticole grecque KEOSOE citée par OT.

Un conditionnement inspiré de la bière pour séduire les jeunes

VGaz associe du vin Sauvignon, du moût de raisin et de l’eau, avec des bulles et un arôme de fleur de sureau. La boisson titre 6,5 % d’alcool et se présente dans une bouteille sombre de 33 cl munie d’une capsule métallique, un format habituellement lié à la bière artisanale. L’emballage ne met pas en avant la présence du vin.

La coopérative a associé 150 personnes âgées de 25 à 30 ans à la conception du produit. Elles ont évalué neuf recettes combinant trois arômes et trois niveaux de sucre, ainsi que trois conditionnements. La fleur de sureau a été préférée au gingembre et au combava. VGaz a d’abord été commercialisé dans les deux caveaux de la coopérative au prix de 3,75 € la bouteille; le producteur cherche maintenant à intégrer les circuits de distribution traditionnels.

Bars, festivals et supermarchés élargissent les débouchés

Au Château Lamothe de Haux, en Gironde, Valentine Chombart et Antoine Thurin ont élaboré trois boissons pétillantes sous la marque Goguette Cocktail Vigneron. Toutes titrent 6 % d’alcool et sont proposées en bouteilles de bière de 33 cl à 2,90 € l’unité ou 34,80 € les douze. La version blanche, lancée à 15 000 bouteilles en février 2025, a été épuisée en cinq mois. Deux embouteillages supplémentaires ont porté le volume total à 45 000 bouteilles.

Le domaine cible en priorité les bars et guinguettes de la région, où le manque de personnel renforce l’intérêt des boissons prêtes à servir. Il a également lancé des fûts de 30 litres pour le service à la pression. Plusieurs festivals autour de Bordeaux ont retenu ce format, tandis que les cocktails ont trouvé des débouchés dans les mariages. Chombart a indiqué à OT que les ventes de vin reculaient et que ces produits pourraient à terme compenser une partie de la baisse tout en modernisant l’image du domaine.

Les producteurs testent les canettes et les grandes bouteilles

Jules Gautret, maison détenue par le groupe coopératif Océalia, a créé deux cocktails gazeux à base de Cognac et de Pineau des Charentes. Les produits Fresh Kiss titrent 5 % d’alcool et sont conditionnés dans des canettes en aluminium de 25 cl, faciles à transporter, vendues 2,80 €. Après la présentation de la version au melon à Wine Paris en 2025, la distribution a commencé dans les supermarchés de Charente avant de s’étendre cette année au reste de la France. Les volumes ont doublé en un an et une nouvelle recette est en préparation.

Delaunay Vins & Domaines a choisi une autre approche en intégrant son Spritz Citron & Basilic à la gamme existante La Belle Angèle. Ce cocktail gazeux à base de vin blanc, d’eau et de moût concentré titre 5,5 % d’alcool. Sa bouteille de 75 cl avec bouchon de champagne préserve la cohérence de la gamme au lieu d’imiter la bière ou les boissons en canette. Disponible depuis juin, le produit fait ses débuts chez Grand Frais autour de 8 €. Les domaines expérimentent ainsi plusieurs niveaux de prix, formats de service et circuits commerciaux sans abandonner leurs marques établies.

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