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Les usines européennes s'arrêtent : la demande d'électriques dépasse l'offre de batteries

Stellantis suspend la production dans plusieurs usines en France, en partie faute de batteries pour les véhicules électriques déjà commandés, rapporte Reuters. Selon l'ACEA, la part des électriques et hybrides rechargeables dans l'UE est passée de 20,8 % à 26,8 % en 2025 et a frôlé 32 % de janvier à août. Les capacités hongroises de cellules n'en profitent pas encore.

Les usines européennes s'arrêtent : la demande d'électriques dépasse l'offre de batteries

Les constructeurs européens font face à une perturbation inhabituelle sur leurs lignes de véhicules électriques : une demande qui dépasse leurs prévisions. Le média économique hongrois Telex, dans sa rubrique G7, a indiqué le 1er octobre que le secteur est sur des montagnes russes. Après plusieurs années où le problème central était une demande d'électriques plus faible que prévu, le goulot d'étranglement s'est déplacé à l'opposé.

Le symptôme le plus net vient de Stellantis. Le groupe suspend la production dans plusieurs de ses usines en France, en partie parce qu'il ne dispose pas d'assez de batteries pour assembler les véhicules électriques déjà commandés par les clients, a rapporté Reuters. Ces arrêts montrent à quel point l'assemblage final européen est désormais lié à l'approvisionnement en cellules : quand le carnet de commandes se remplit plus vite que prévu, le résultat immédiat est l'arrêt des lignes et non une production supplémentaire.

Ce que montrent les chiffres de l'ACEA

Les données de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) décrivent un marché qui a changé de direction. La part cumulée des voitures équipées de batteries de grande capacité — électriques et hybrides rechargeables — sur le marché du neuf dans l'UE a reculé entre 2022 et 2024. En 2025, elle est montée à 26,8 %, contre 20,8 % un an plus tôt. Entre janvier et août de cette année, elle a approché 32 %.

  • 2024 : 20,8 % du marché européen du véhicule neuf
  • 2025 : 26,8 %
  • Janvier à août de cette année : près de 32 %

En moins de deux ans, les modèles à forte teneur en batteries ont gagné environ 11 points de part de marché. Chacun de ces véhicules exige bien plus de capacité de cellules qu'un hybride classique : le changement de mix pèse donc sur la demande de batteries plus fortement que ne le laissent voir les seules immatriculations.

La règle assouplie au moment du retournement

La réglementation européenne est allée dans le sens inverse au même moment. Fin 2025, la Commission européenne a assoupli la règle interdisant la vente de véhicules à moteur thermique à partir de 2035, en invoquant une demande plus faible que prévu. En 2024 et 2025, pratiquement tous les grands constructeurs ont annoncé un ralentissement de leurs plans d'électrification. Les volumes d'achat, les contrats de cellules et l'organisation des équipes ont été calibrés sur ce scénario prudent, d'où l'impossibilité de servir immédiatement les commandes actuelles.

Les capacités hongroises n'en profitent pas encore

Une demande de batteries plus forte devrait en principe être une bonne nouvelle pour la Hongrie, où d'importantes capacités de production de cellules ont été construites ces dernières années. Selon Telex, cela ne se voit pas encore dans les statistiques et les usines du pays n'en bénéficient pas pour l'instant. L'explication probable est que la reprise n'a pas atteint les plus grandes usines locales, même si des signes indiquent que leur production pourrait commencer à augmenter lentement.

Où la pression se déplace

Pour la chaîne d'approvisionnement, une pénurie tirée par la demande vaut mieux que des capacités inutilisées, mais elle coûte cher. L'assemblage suspendu en France signifie des volumes perdus dans le trimestre, des dates de livraison qui glissent et des clients qui attendent plus longtemps. Les fournisseurs de cellules dotés de lignes homologuées et en marche sont les mieux placés, car valider une cellule pour un pack et un programme véhicule donnés se compte en trimestres, pas en semaines. Reste à savoir si les usines européennes et hongroises relèveront leur taux d'utilisation assez vite pour transformer la demande en livraisons, ou si les constructeurs continueront d'absorber l'écart par des arrêts.

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