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Les travaux gaziers bulgares pourraient presque doubler la capacité vers la Roumanie

La capacité annuelle de l’interconnexion Negru Vodă–Kardam pourrait passer de 5,03 milliards à 9,41 milliards de mètres cubes. Les projets renforceraient le rôle de la Roumanie comme plateforme d’approvisionnement et de transit entre les terminaux méthaniers grecs, la Moldavie, l’Ukraine et l’Europe centrale.

Les travaux gaziers bulgares pourraient presque doubler la capacité vers la Roumanie

Le changement de direction braque les projecteurs sur le calendrier

Le changement de direction chez le gestionnaire gazier bulgare Bulgartransgaz attire l’attention sur des projets susceptibles de presque doubler la capacité de transport vers la Roumanie. Kiril Ravnachki remplace Vladimir Malinov alors que l’entreprise réalise les tronçons bulgares du Corridor vertical, un axe sud-nord destiné à relier les infrastructures grecques de GNL à la Roumanie, à la Moldavie, à l’Ukraine et à l’Europe centrale.

Selon Stiripesurse.ro, ce remplacement dépasse le cadre bulgare : le gaz déchargé aux terminaux de Revithoussa et d’Alexandroupolis doit traverser le réseau bulgare avant d’entrer en Roumanie par Kardam–Negru Vodă. Ravnachki a déjà dirigé Bulgartransgaz en 2024 et connaît ses projets d’infrastructure ainsi que Balkan Gas Hub. Malinov restera dans le secteur en prenant la présidence du conseil d’administration de cette plateforme de négoce.

Pour les acteurs du marché, la principale question est le respect du calendrier des travaux. Des retards en Bulgarie limiteraient les volumes disponibles pour la Roumanie et les marchés situés en aval. Leur achèvement créerait une voie supplémentaire pour le GNL et le gaz de Méditerranée orientale ou de la région caspienne, alors que l’Europe réduit sa dépendance aux approvisionnements russes.

Un objectif de 9,41 milliards de mètres cubes à Negru Vodă

Transgaz estime que le Corridor vertical portera la capacité de Negru Vodă–Kardam de 5,03 milliards à 9,41 milliards de mètres cubes par an. Pour l’année gazière 2027–2028, Bulgartransgaz prévoit une capacité technique de près de 297 millions de kWh par jour dans le sens Bulgarie–Roumanie.

Cette hausse dépend de la construction de la boucle de gazoduc Rupcha–Vetrino et de l’inversion de la station de compression de Kardam. Le projet commun de Bulgartransgaz et Transgaz doit ajouter environ 137,2 GWh par jour à la capacité existante. Les investissements dans le tronçon bulgare ont été évalués à près de 199 millions d’euros.

Le point Kulata–Sidirokastro, à la frontière gréco-bulgare, doit également être agrandi. Bulgartransgaz prévoit environ 93 millions de kWh par jour à compter du 1er octobre 2026, puis 102,8 millions après l’étape suivante, programmée pour début 2027. Ces travaux sont indispensables : la capacité supplémentaire vers la Roumanie aura peu d’effet si davantage de gaz ne peut pas d’abord remonter depuis la Grèce.

Les réservations confirment la progression de la demande

La demande à Kardam–Negru Vodă augmente déjà. Bulgartransgaz a enregistré des réservations d’environ 99 400 MWh par jour pour l’année gazière 2025–2026, soit plus de 70 % de la capacité proposée. Le volume atteignait environ 44 700 MWh par jour un an plus tôt et seulement 34 800 MWh en 2023–2024. Vingt et une entreprises bulgares et internationales ont participé aux enchères.

Les gestionnaires de réseau de Grèce, de Bulgarie, de Roumanie, de Moldavie et d’Ukraine ont créé des produits de capacité communs. Les fournisseurs peuvent ainsi réserver une route transfrontalière sans acheter séparément l’accès à chaque tronçon. Transgaz a annoncé les premières exportations vers l’Ukraine par le Corridor vertical et affirme que la Roumanie peut recevoir des volumes supplémentaires de sources diversifiées.

La route pourrait accroître les recettes de transport de la Roumanie et l’utilisation des infrastructures de Transgaz. Son importance pourrait encore progresser avec le démarrage de la production de Neptun Deep, qui permettrait au pays de combiner production nationale, consommation et transit régional.

Une capacité accrue ne réduira pas automatiquement les factures. Le GNL doit être acheté, regazéifié et transporté à travers plusieurs réseaux nationaux, chacun appliquant ses propres tarifs. Le prix final dépendra des marchés internationaux, du coût du GNL, des réservations de capacité, de la demande en Ukraine et en Europe centrale ainsi que de la production roumaine. Le bénéfice immédiat réside dans la diversification : la Roumanie et les marchés voisins disposeraient d’une autre voie d’approvisionnement en cas de crise, d’hiver difficile ou de perturbation ailleurs.

Le changement de direction intervient aussi sur fond d’enquête concernant l’extension, évaluée à environ 285 millions d’euros, du stockage souterrain bulgare de Chiren. Le projet devait porter sa capacité d’environ 550 millions à un milliard de mètres cubes. Le Parquet européen a enquêté sur de possibles irrégularités dans l’attribution des marchés. Bulgartransgaz a indiqué avoir remis les documents demandés et coopéré avec les autorités. Pour les utilisateurs du corridor, le véritable test restera toutefois la livraison dans les délais des connexions grecque et roumaine.

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