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La traçabilité européenne accroît la pression sur les exportations de cacao du Ghana

Le Ghana s’est classé quatrième parmi quatre grands producteurs africains pour la part déclarée de ses exportations de fèves dirigée vers l’Europe, avec une moyenne de 53,7 % en 2021-2024. Fitch Solutions prévoit que les exigences de durabilité et de traçabilité pèseront davantage sur les échanges avec l’UE et les incitations à transformer localement le cacao.

La traçabilité européenne accroît la pression sur les exportations de cacao du Ghana

Le commerce du cacao ghanéen reste étroitement lié à l’Europe

Le Ghana s’est classé quatrième parmi le Cameroun, le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Ghana pour la part déclarée des exportations de fèves de cacao dirigée vers l’Europe entre 2021 et 2024, selon des données de Fitch Solutions publiées par MyJoyOnline. La moyenne du Ghana s’est établie à 53,7 %, contre 74,7 % pour le Cameroun, 57,8 % pour le Nigeria et 57,4 % pour la Côte d’Ivoire.

Ces chiffres soulignent l’exposition du Ghana aux évolutions de la demande européenne et des règles d’accès au marché. Fitch Solutions prévoit que les exigences de durabilité et de traçabilité joueront un rôle croissant dans l’orientation des exportations de cacao, notamment pour les cargaisons destinées à l’Union européenne. Selon le cabinet, la place centrale de l’UE dans les importations mondiales de fèves rend les producteurs ouest-africains particulièrement sensibles aux changements réglementaires et commerciaux au sein du bloc.

Les producteurs captent une faible part de la valeur en aval

L’Afrique de l’Ouest représente environ 65 % de la production mondiale de cacao et plus de la moitié des exportations mondiales de fèves, selon Fitch Solutions. Son rôle dans la chaîne de valeur reste toutefois concentré sur la production en amont, tandis qu’une grande partie de la transformation et de la valeur ajoutée est réalisée ailleurs, notamment en Europe.

CNBC Africa estime que le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Cameroun produisent ensemble environ 70 % du cacao mondial, mais ne captent qu’environ 6 % de la valeur d’une tablette de chocolat finie. Fitch Solutions s’attend à ce que le modèle traditionnel d’exportation de fèves brutes destinées à être transformées à l’étranger subisse une pression croissante. Cette évolution pourrait modifier à la fois la composition du commerce du cacao et les destinations desservies par les exportateurs ouest-africains.

La transformation locale offre un potentiel encore peu exploité

Transformer le cacao dans les pays producteurs permettrait d’y conserver davantage de valeur, mais les profils d’exportation restent dominés par les fèves. Les données du Centre du commerce international citées dans le rapport montrent que les fèves de cacao représentaient entre 5 % et 30 % des exportations totales du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Cameroun en 2025. La moyenne des quatre pays atteignait 18 %, le Nigeria se situant au bas de la fourchette et le Cameroun au sommet.

Les produits transformés et semi-transformés occupaient une place bien plus limitée. La pâte de cacao représentait en moyenne 5 % des exportations, le beurre de cacao 4 % et la poudre seulement 1 %, tandis que les exportations de chocolat restaient négligeables. À l’autre bout de la chaîne, l’UE assurait environ les deux tiers des exportations mondiales de chocolat au cours des cinq dernières années. Pour les producteurs et transformateurs ghanéens, une traçabilité plus stricte peut donc agir au-delà des coûts de conformité, en influençant l’accès à un débouché essentiel, les pratiques d’achat et la rentabilité d’une augmentation des capacités locales.

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