La Thaïlande relie la recherche alimentaire à la demande mondiale d’ingrédients fonctionnels
La Thaïlande développe un modèle guidé par la demande pour transformer ses matières premières agricoles et sa recherche universitaire en ingrédients fonctionnels à plus forte valeur. L’initiative cible six catégories de bénéfices sanitaires et rapproche chercheurs, producteurs et marchés.
Un programme de recherche guidé par la demande commerciale
Le Bureau thaïlandais de la politique et de la stratégie commerciales, rattaché au ministère du Commerce, travaille avec la faculté d’agro-industrie de l’Université Kasetsart sur un programme destiné à transformer des ingrédients fonctionnels nationaux en aliments fonctionnels à plus forte valeur. Selon Bangkok Biz News, le projet étudie le potentiel des marchés thaïlandais et étrangers, suit l’évolution de la demande des consommateurs et cherche à valoriser les matières premières agricoles déjà produites dans le pays.
Le programme adopte un modèle guidé par la demande : le développement commence par les besoins du marché, et non par les seules possibilités techniques d’une culture ou d’un projet scientifique. Les institutions veulent relier la recherche universitaire, les producteurs agricoles, les entreprises alimentaires et les débouchés commerciaux afin que les travaux prometteurs dépassent le stade du laboratoire. Les recommandations doivent soutenir des projets commercialement réalisables et susceptibles d’être étendus par la politique nationale.
Six allégations fonctionnelles présentent un potentiel
L’étude a retenu six catégories présentant un potentiel commercial : digestion et santé intestinale, notamment les prébiotiques et probiotiques ; soutien du système immunitaire ; antioxydants ; santé du cerveau et du système nerveux, stress et sommeil ; allégations liées aux protéines ; et produits visant à réduire les risques associés aux maladies non transmissibles. Ces catégories offrent aux chercheurs et fabricants des axes précis pour adapter les matières premières thaïlandaises aux besoins des consommateurs.
Le projet ne se limite pas aux aliments finis. Les ingrédients fonctionnels relient la production agricole aux produits dotés d’un positionnement nutritionnel ou sanitaire particulier. Le développement de ce maillon pourrait permettre aux agriculteurs, transformateurs d’ingrédients et fabricants alimentaires de tirer davantage de valeur de la biodiversité et des ressources agricoles thaïlandaises. Le succès commercial dépendra néanmoins du respect des exigences des acheteurs et de l’intégration régulière de ces ingrédients dans des produits destinés aux marchés intérieur et internationaux.
Consultations sectorielles et enseignements du Japon
Le Bureau de la politique et de la stratégie commerciales et l’équipe de recherche ont consulté plus de 30 acteurs, parmi lesquels des agriculteurs, des petites et moyennes entreprises, de grands groupes, des spécialistes, des universitaires et des chercheurs. L’équipe s’est également rendue au Japon pour étudier des modèles réussis dans les ingrédients et aliments fonctionnels. Les résultats ont alimenté les recommandations présentées le 9 juillet 2026 au séminaire Functional Ingredients Plus de Nonthaburi, qui a réuni plus de 200 participants.
Selon le Bureau, la Thaïlande doit bâtir un système intégré couvrant toute la chaîne de valeur des ingrédients fonctionnels pour jouer un rôle important sur les marchés des aliments du futur. Le pays met en avant sa biodiversité, ses ressources agricoles et son expertise scientifique. L’enjeu commercial consiste à transformer ces atouts en ingrédients reproductibles et prêts à être commercialisés, plutôt qu’en résultats de recherche isolés. Les producteurs et transformateurs pourraient trouver de nouveaux débouchés pour les cultures nationales, tandis que les entreprises alimentaires et les investisseurs disposeraient d’un portefeuille aligné sur une demande identifiable. La source ne fournit toutefois aucune prévision de marché, d’investissement, de capacité ou d’exportation.