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La taxe ukrainienne de 10 % oriente davantage de soja et de colza vers la trituration

L’Ukraine a transformé en 2025/26 50 % de sa récolte de soja et 40 % de celle de colza après l’instauration d’une taxe à l’exportation de 10 %. Selon UkrAgroConsult, les exportations se déplacent vers les huiles et tourteaux, mais les perturbations portuaires pèsent sur les prix et les acteurs du marché.

La taxe ukrainienne de 10 % oriente davantage de soja et de colza vers la trituration

La taxe redirige les graines vers les usines ukrainiennes

La taxe ukrainienne de 10 % sur les exportations de soja et de colza a réorienté une part accrue des deux récoltes, auparavant exportée sous forme de graines, vers la trituration nationale. Selon UkrAgroConsult, les usines ont transformé 50 % de la récolte de soja et 40 % de celle de colza pendant la campagne 2025/26, soit des niveaux nettement supérieurs aux campagnes précédentes. L’évolution est particulièrement marquée pour le colza, traditionnellement produit avant tout pour l’exportation.

La taxe a renforcé la position concurrentielle des triturateurs ukrainiens en rendant l’exportation directe des graines moins attractive. Les agriculteurs ont ainsi obtenu un débouché intérieur supplémentaire, tandis que la concurrence entre transformateurs pour les volumes disponibles s’est intensifiée. L’équilibre entre exportateurs et usines a également changé : les deux groupes continuent de se disputer le soja et le colza, mais les transformateurs peuvent désormais conserver une part plus importante des récoltes dans le pays.

Les huiles et tourteaux gagnent du poids à l’export

La mesure n’a pas supprimé la dépendance de l’Ukraine envers la demande étrangère. La consommation intérieure d’huile de soja et de colza reste limitée, ce qui impose d’écouler la production supplémentaire d’huile et de tourteaux sur les marchés extérieurs. UkrAgroConsult constate que les produits transformés, en particulier les tourteaux de soja et de colza, occupent une place beaucoup plus importante dans les exportations ukrainiennes depuis quelques campagnes.

Ce modèle conserve davantage de valeur ajoutée dans le pays, mais modifie aussi les besoins du système logistique. Il ne s’agit plus seulement d’expédier des graines en vrac : les exportateurs doivent également disposer de routes fiables pour les huiles et les tourteaux. Les triturateurs dépendent donc de l’accès aux marchés étrangers presque autant que les négociants traditionnels en graines. Si les produits finis ne peuvent pas sortir efficacement, la demande des usines pour les matières premières et les prix proposés aux agriculteurs reculent.

Les perturbations portuaires limitent l’effet de la taxe

La concurrence entre transformateurs et exportateurs a soutenu les prix intérieurs du soja et du colza pendant une grande partie de la campagne. Selon UkrAgroConsult, ce soutien s’est fortement affaibli après les perturbations de la logistique maritime. L’évolution des prix EXW intérieurs montre que même une forte demande des usines ne peut pas compenser totalement la perte de liquidité lorsque les exportations de graines et de produits transformés sont simultanément entravées.

Les ports maritimes restent le principal débouché des grands flux agricoles ukrainiens. Les interruptions touchent en même temps les exportateurs de graines et les transformateurs, contraignant les opérateurs à utiliser davantage le rail et la route. Ces solutions peuvent préserver une partie des échanges, mais la source considère l’accès aux ports comme le facteur déterminant pour le bon fonctionnement du modèle fondé sur la transformation.

Un mécanisme flexible entre dans le débat

UkrAgroConsult estime que la logistique compte désormais davantage pour le marché que la taxe elle-même. Un mécanisme flexible permettant de suspendre ou de rétablir le taux de 10 % selon la situation logistique et commerciale pourrait être plus efficace qu’un prélèvement fixe. Pour les producteurs, l’enjeu est de savoir si la concurrence des usines continuera de soutenir la demande à la ferme. Pour les transformateurs, une utilisation accrue des capacités n’est rentable que si les huiles et tourteaux atteignent les acheteurs étrangers. La taxe a modifié la destination et la forme de la production ukrainienne d’oléagineux, mais les ports restent décisifs pour les prix, les marges industrielles et la pérennité de cette évolution.

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