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Les stations-service russes se vendent davantage sous la pression des marges

Le nombre d’annonces de vente de stations-service russes a été multiplié par 5,5 en cinq ans, sur fond de hausse des coûts de gros et de tensions d’approvisionnement. Les indépendants exploitent environ 65 % des stations, mais ne réalisent que 30 % des ventes d’essence et de gazole.

Les stations-service russes se vendent davantage sous la pression des marges

Les annonces se multiplient tandis que le parc recule

Le nombre d’annonces proposant des stations-service russes à la vente a été multiplié par 5,5 au cours des cinq dernières années, selon Rossiyskaya Gazeta. Environ 170 stations sont actuellement proposées sur différentes plateformes, même si une annonce ne débouche pas nécessairement sur une transaction. Cette progression montre surtout qu’un nombre croissant de propriétaires cherchent à quitter le secteur.

Le parc russe a commencé à diminuer en 2025, avec un recul de 1,6 % selon OMT-Consult. Il a encore baissé de 1 % au premier semestre 2026, les stations mobiles en conteneurs représentant une part importante des disparitions. Au second semestre 2026, la Russie comptait environ 28 000 stations, dont un peu plus de 23 400 sites fixes classiques vendant de l’essence et du gazole.

Les indépendants subissent le choc des prix de gros

Les sociétés indépendantes exploitent environ 65 % des stations, avec une présence particulièrement forte dans l’est et le sud de la Russie. Elles ne représentent toutefois que 30 % des ventes d’essence et de gazole. Beaucoup achètent leurs carburants par petits lots de gros, segment qui a enregistré les plus fortes hausses de prix et des perturbations d’approvisionnement pendant l’été.

Sergey Tereshkin, directeur général d’Open Oil Market, a attribué les mises en vente à la baisse des marges et à la moindre disponibilité des carburants. Les prix de l’essence et du gazole sur les marchés organisés ont progressé de 30-37 %, tandis que la hausse a été encore plus forte sur le petit marché de gros. La distribution s’est ainsi retrouvée sous une pression supérieure à celle du raffinage subventionné.

L’offre disponible sur les marchés a également diminué après l’abaissement des obligations de vente imposées aux grandes compagnies pétrolières. Des seuils plus faibles et davantage de souplesse pour les opérations de gré à gré laissent moins de carburant aux négociants, puis aux stations indépendantes qui dépendent d’eux. La baisse des volumes physiques vendus réduit également le revenu des exploitants sur chaque litre.

Les grands groupes restructurent aussi leurs réseaux

Le mouvement dépasse les propriétaires de stations isolées. Des stations en activité, des terrains situés le long des routes fédérales et des sites de production de Bashneft-Retail ont récemment été proposés à la vente ou à la location dans de nombreuses régions. Des informations antérieures faisaient état de la cession de stations non stratégiques par Gazprom et Lukoil, dont le site affichait encore huit stations. Trassa, l’un des principaux réseaux indépendants russes, traverse parallèlement une crise d’endettement et pourrait être placé sous administration externe ou vendu aux enchères.

Sergey Frolov, associé gérant de NEFT Research, a estimé que la redistribution de la propriété dans la distribution de carburants était prévisible dans les conditions actuelles. Les sorties concernent principalement les propriétaires privés de stations isolées et de petits réseaux peu performants, tandis que les grandes compagnies pétrolières optimisent leurs sites déficitaires et réorganisent leurs portefeuilles.

La consolidation soulève un risque régional

Yury Stankevich, vice-président de la commission de l’énergie de la Douma d’État, a déclaré à Rossiyskaya Gazeta qu’il serait inexact de parler de vente massive, compte tenu des fortes différences entre marchés régionaux. Les pénuries de carburant ont néanmoins touché les indépendants en premier, et certains actifs proposés sont déjà fermés ou n’ont plus d’usage pratique.

Si les stations fermées étaient déjà peu fréquentées, l’effet sur l’approvisionnement national pourrait rester limité. Les conséquences risquent d’être plus lourdes dans les régions où les grands réseaux sont peu présents : la baisse du nombre d’exploitants affaiblit la concurrence et peut maintenir les prix de détail à un niveau élevé, même sans hausse immédiate. Stankevich a aussi relevé que certaines municipalités, y compris en Russie centrale, ne disposent pas de stations fonctionnant correctement. L’enjeu ne se limite donc pas à la consolidation de la propriété : il faut également déterminer le nombre et l’emplacement des stations nécessaires pour préserver l’accès des consommateurs.

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