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Sipef rachète Tiabam et vise 70 000 tonnes de bananes en Côte d’Ivoire

Le groupe agricole belge Sipef acquiert, via Plantations J. Eglin, la plantation Tiabam près de Tiassalé. Cet actif produit 12 000 à 14 000 tonnes par an et pourrait rapprocher la production ivoirienne du groupe de 70 000 tonnes.

Sipef rachète Tiabam et vise 70 000 tonnes de bananes en Côte d’Ivoire

Sipef ajoute un sixième domaine dans le district des Lagunes

Le groupe agricole belge Sipef développe ses activités bananières en Côte d’Ivoire avec l’acquisition de Tiabam, une plantation située près de Tiassalé. Selon Afrimag, l’opération, annoncée le 7 septembre et menée par la filiale locale Plantations J. Eglin, doit être finalisée avant la fin du mois. Son montant n’a pas été communiqué.

Tiabam s’étend sur environ 450 hectares, dont 320 hectares actuellement plantés en bananiers. L’exploitation emploie près de 400 personnes et produit entre 12 000 et 14 000 tonnes par an. Après la transaction, Plantations J. Eglin gérera six domaines dans le district des Lagunes, contre une base comprenant déjà 1 238 hectares de bananeraies en Côte d’Ivoire.

La proximité d’Akoudjé ouvre des économies

La situation de Tiabam près du domaine d’Akoudjé, déjà exploité par Sipef, constitue le principal argument industriel de la transaction. Le groupe prévoit de mutualiser les achats, la logistique, l’encadrement technique, le conditionnement et les exportations. La directrice générale Petra Meekers a déclaré que cette acquisition permettrait à Plantations J. Eglin de changer d’échelle et de dégager des synergies opérationnelles.

L’intégration peut améliorer l’utilisation des actifs des deux domaines et supprimer des doublons dans les fonctions qui déterminent directement le coût rendu des bananes. Le partage du conditionnement et des opérations d’exportation est particulièrement pertinent pour un produit périssable exigeant une coordination étroite entre récolte, manutention et expédition. Sipef ajoute donc des volumes tout en se donnant les moyens d’améliorer l’efficacité d’un ensemble plus vaste de plantations.

La production annuelle se rapproche de 70 000 tonnes

Les plantations ivoiriennes de Sipef ont produit 52 159 tonnes en 2025, soit une hausse de 2,2% sur un an malgré de fortes pluies et plusieurs tempêtes, rapporte Afrimag. L’ajout de la production actuelle de Tiabam porterait le volume combiné à 64 159-66 159 tonnes, avant tout gain supplémentaire lié à l’intégration ou à l’extension des surfaces.

Sipef prévoit que l’acquisition rapprochera sa production annuelle de 70 000 tonnes, avec l’appui des nouvelles surfaces en cours de développement à Akoudjé. Ses plantations ivoiriennes existantes sont principalement consacrées à la banane Cavendish Grande Naine, recherchée sur les marchés d’exportation. Plus de 70% de la récolte de Tiabam part en Europe, tandis que le solde est vendu en Afrique de l’Ouest, surtout en Côte d’Ivoire. Cette répartition donne au nouvel ensemble un accès à la demande européenne comme aux débouchés régionaux.

L’opération accélère la consolidation d’une filière exportatrice

L’acquisition intervient alors que la filière bananière ivoirienne attire de grands opérateurs internationaux en quête de volumes, de maîtrise des coûts et de contrôle logistique. La banane est la première activité du sous-secteur horticole national. Les données des douanes ivoiriennes citées par Afrimag indiquent que les ventes de la filière ont atteint 141,4 milliards de francs CFA en 2024, soit environ 250 millions de dollars et près du double du niveau de 2015.

La Côte d’Ivoire a exporté environ 271 000 tonnes de bananes en 2025, représentant plus d’un tiers des volumes africains, selon les chiffres de la FAO relayés par Afrimag. L’objectif de 70 000 tonnes de Sipef équivaut à environ un quart de ce volume national exporté en 2025, même si une partie de la production de Tiabam reste en Afrique de l’Ouest. Pour les producteurs et les négociants, la transaction renforce un modèle fondé sur des domaines regroupés, des services centralisés et l’accès aux acheteurs européens. Son effet commercial dépendra de la vitesse de développement d’Akoudjé et de la capacité de Sipef à convertir les synergies attendues en meilleurs rendements ou en baisse des coûts.

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