La Russie reprend ses exportations de blé tendre vers la Colombie avec 16 000 tonnes
La Russie a expédié 16 000 tonnes de blé tendre de Novorossiisk vers la Colombie, sa première livraison directe depuis 2023. La cargaison a satisfait aux exigences phytosanitaires, alimentaires et radiologiques du pays.
Première livraison directe depuis 2023
La Russie a repris ses exportations directes de blé vers la Colombie avec une cargaison de 16 000 tonnes de blé tendre partie du port de Novorossiisk, sur la mer Noire. Il s’agit du premier envoi russe direct vers ce pays d’Amérique latine depuis 2023, après une interruption de trois ans.
L’antenne de Novorossiisk du Centre russe d’évaluation de la qualité des céréales a indiqué que ses spécialistes avaient contrôlé cinq lots représentant au total 16 000 tonnes. La validation de la cargaison rend aux fournisseurs russes un accès direct à un marché qui dépend entièrement des importations pour son blé marchand.
La cargaison satisfait à des contrôles stricts
La Colombie impose des limites détaillées de sécurité sanitaire aux céréales importées. L’Institut national de surveillance des médicaments et des aliments, INVIMA, contrôle les mycotoxines et les métaux lourds conformément à la Résolution 4506 de 2013. La teneur totale en aflatoxines ne doit pas dépasser 4 microgrammes par kilogramme. Les plafonds applicables à l’ochratoxine A et à la zéaralénone sont respectivement de 5 et 100 microgrammes par kilogramme. Le cadmium et le plomb sont chacun limités à 0,20 milligramme par kilogramme.
La marchandise devait également respecter les normes de sécurité radiologique. L’activité spécifique du strontium-90 et de l’iode-131 ne peut dépasser 100 becquerels par kilogramme. Le plafond atteint 1 000 becquerels par kilogramme pour le ruthénium-103 et les isotopes du césium.
Le blé a aussi passé les contrôles phytosanitaires confirmant l’absence d’organismes de quarantaine, notamment les dermestes et les coléoptères des grains. Une désinfestation obligatoire a été réalisée selon les normes de l’Institut colombien de l’agriculture, ICA. Le respect de ces critères est important sur le plan commercial, car il démontre que les céréales russes peuvent franchir les contrôles techniques colombiens dans le cadre des seuils de qualité en vigueur.
Un marché importateur pouvant atteindre 2,2 millions de tonnes
La Colombie ne produit pas de blé marchand et en achète chaque année entre 2 millions et 2,2 millions de tonnes à l’étranger. Environ 70 % de ce volume sert à fabriquer des farines pour la boulangerie et la confiserie, qui nécessitent des céréales à teneur moyenne ou élevée en protéines. La demande est donc récurrente, même si les 16 000 tonnes russes ne représentent encore qu’une faible part des besoins annuels.
Le retour du blé élargit des échanges bilatéraux de produits de base déjà établis. La Russie exporte des engrais minéraux vers la Colombie et importe du café, des bananes et des fleurs colombiennes. Le commerce entre les deux pays a progressé de 24 % en 2025. Au premier semestre 2026, les bananes représentaient 41,4 % des exportations colombiennes vers la Russie. Pour les exportateurs céréaliers russes, la réussite de cette opération au départ de Novorossiisk valide une route pour de nouvelles ventes, à condition que les prochains lots respectent eux aussi les normes sanitaires et qualitatives strictes de la Colombie.