Les intrants à base d’huile de palme bondissent de 50 à 60 % en Russie
Les prix des matières premières à base d’huile de palme ont augmenté de 50 à 60 % en Russie après une perturbation au port de Taman, selon Shopper’s. Les cargaisons sont redirigées vers les ports du nord-ouest, tandis que les fabricants alimentaires subissent une pression accrue sur leurs coûts.
La perturbation portuaire provoque une forte hausse
Les prix des matières premières à base d’huile de palme ont augmenté de 50 à 60 % en Russie, selon Shopper’s, qui cite des fabricants de confiseries et de produits laitiers. La hausse a suivi une perturbation des approvisionnements via le port de Taman, un important point d’entrée de l’huile de palme importée. Elle exerce une pression immédiate sur les entreprises qui utilisent les graisses végétales pour limiter leurs coûts de production.
Le terminal exploité par EFKO, présenté par Shopper’s comme le premier importateur russe d’huile de palme, a cessé ses activités il y a un mois après des attaques de drones. Les spécialistes interrogés par la publication estiment que cet arrêt a pu provoquer une pénurie et la flambée des prix. Les informations disponibles ne précisent ni les volumes concernés ni les capacités encore accessibles dans les autres terminaux russes.
Les cargaisons sont redirigées vers le nord-ouest
Les fournisseurs tentent de réorienter les expéditions vers les ports du nord-ouest de la Russie, notamment Saint-Pétersbourg. Les premiers lots doivent arriver dans une semaine. Cette solution offre une voie alternative, mais le rapport ne précise pas si ces ports peuvent remplacer toute la capacité de Taman ni quelles seront les conséquences sur les coûts de fret, de stockage et de transport intérieur.
L’Union des huiles et des graisses affirme qu’il n’existe pas de pénurie. Selon l’organisation professionnelle, seuls les stocks de produits contenant de l’huile de palme sont épuisés. La distinction est importante pour les fabricants : une rupture temporaire des stocks pourrait se résorber avec l’arrivée des cargaisons détournées, tandis qu’une contrainte logistique prolongée renforcerait la concurrence entre acheteurs et pourrait maintenir les prix à un niveau élevé.
La pression s’étend aux fabricants alimentaires
L’huile de palme permet aux fabricants de réduire leurs coûts, car les matières grasses laitières sont nettement plus chères. Elle entre dans la fabrication d’alternatives au fromage bon marché, de margarine, de matières grasses à tartiner et de confiseries. Une hausse de 50 à 60 % des intrants à base de palme frappe donc particulièrement les producteurs dont le positionnement dépend de prix accessibles. Une reformulation ou un remplacement par des matières grasses laitières pourrait coûter encore plus cher.
Si la perturbation se prolonge, la hausse pourrait toucher tous les produits utilisant des matières grasses, y compris le beurre, selon Shopper’s. L’effet sur le beurre serait indirect : la moindre disponibilité et le renchérissement des alternatives végétales pourraient modifier la demande d’autres graisses et augmenter les coûts de toute la catégorie. Pour les transformateurs, les priorités sont la continuité des approvisionnements, le coût rendu des cargaisons réorientées et la durée de l’arrêt à Taman. Pour les importateurs et les négociants, l’enjeu est de savoir si Saint-Pétersbourg et les autres ports du nord-ouest pourront rétablir assez vite des flux réguliers afin d’empêcher que la tension actuelle sur les stocks ne devienne une contrainte durable sur l’offre.