La Russie accroît de 4% sa production d’engrais et en exporte 45 millions de tonnes
La Russie a produit 65,5 millions de tonnes d’engrais minéraux en 2025, soit une hausse de 4%, tandis que les exportations ont progressé de 7% à 45 millions de tonnes. Le secteur prévoit une nouvelle croissance en 2026, portée par la demande mondiale et les ventes aux BRICS et à d’autres marchés.
La production et les exportations poursuivent leur reprise
La Russie a accru sa production d’engrais minéraux de 4% en 2025, de 63 millions à 65,5 millions de tonnes, selon Zol.ru. Les exportations ont progressé plus rapidement, gagnant 7% pour atteindre 45 millions de tonnes. Ces résultats prolongent le redressement annuel du secteur après le bref recul de 2022.
L’Association russe des producteurs d’engrais, la RAPU, prévoit une hausse de la production à 66 millions de tonnes en 2026 et des exportations à 46 millions de tonnes. Selon l’association, la demande mondiale s’est renforcée à partir du printemps, lorsque des perturbations ont touché les livraisons de matières premières et de principaux engrais en provenance du Moyen-Orient.
La Russie occupe des positions importantes dans la production et le commerce mondiaux d’engrais azotés, phosphatés et potassiques. D’après la RAPU, environ 75% des exportations russes d’engrais ont été destinées en 2025 à des pays considérés comme amicaux par la Russie, contre 69% en 2019. Malgré les restrictions extérieures, les producteurs ont réorienté leurs flux commerciaux et développé leur présence sur des marchés alternatifs.
Les BRICS absorbent près de la moitié des exportations
Le commerce mondial d’engrais a atteint 242 millions de tonnes en 2025, la Russie en représentant 19%, selon Zol.ru. Les livraisons russes aux pays des BRICS ont augmenté de 6% par rapport à 2024, à 22,8 millions de tonnes, soit presque la moitié des exportations nationales d’engrais. Par rapport à 2021, les expéditions vers le groupe ont progressé de 71%.
Ces données montrent que les marchés des BRICS sont devenus le socle des ventes extérieures du secteur. Ils offrent aux producteurs russes des débouchés importants, mais rendent aussi la logistique, les circuits de paiement et la demande locale plus déterminants pour l’utilisation des capacités. Les livraisons au marché intérieur constituent un autre volet du plan d’expansion à long terme.
La Russie prévoit de porter sa production d’engrais à 80 millions de tonnes d’ici 2030, selon la RAPU. Le plan vise une hausse de 20% des livraisons intérieures, à 22 millions de tonnes, une multiplication des exportations par 1,5, à 58 millions de tonnes, et une part de 25% du marché mondial. La RAPU affirme que la Russie a dépassé les États-Unis, l’Inde et le Canada en volume de production et conserve depuis plusieurs années la deuxième place mondiale derrière la Chine.
La rentabilité reste élevée, mais les prix constituent le principal risque
Expert RA a jugé solides les profils opérationnels et financiers de la plupart des producteurs russes d’engrais à la fin de 2025 et ne prévoit pas de changement notable de leur situation d’ici la fin de 2026. L’agence de notation estime que les demandes mondiale et intérieure soutiennent les prix et la croissance de la production. Les producteurs russes restent par ailleurs parmi les plus compétitifs au monde en matière de coûts, ce qui devrait permettre au secteur de conserver une rentabilité élevée en 2026.
Expert RA identifie un retournement des prix mondiaux des engrais comme le principal risque, car il pourrait peser fortement sur les bénéfices et les marges. Le coût élevé du crédit, lié à la politique monétaire restrictive de la Banque de Russie, exerce aussi une pression sur la couverture des intérêts. Toutefois, l’endettement moyen diminue, les dépenses d’investissement restent modérées et les flux de trésorerie opérationnels sont stables. L’agence juge la liquidité confortable : une partie de la dette à court terme avait déjà été remboursée ou refinancée à la mi-2026, et aucune hausse substantielle des emprunts sectoriels n’est attendue d’ici la fin de l’année, hormis chez certaines entreprises finançant leurs activités ou leurs investissements.