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La Russie reste dépendante à 68–72 % des semences de maïs importées

Les importations représentent 68–72 % du marché russe des semences de maïs et leur volume a augmenté de 15–20 % en 2026, selon ZOL. Les centres russes ont créé 12–15 nouvelles variétés, mais leur part de marché n’a pas dépassé 5–8 %.

La Russie reste dépendante à 68–72 % des semences de maïs importées

Les semences étrangères restent dominantes

Les produits importés représentent 68–72 % du marché russe des semences de maïs, contre 28–32 % pour les semences nationales, selon le média agricole ZOL. Ces chiffres montrent que la production russe de maïs reste fortement liée à la génétique étrangère, à la multiplication des semences et aux réseaux commerciaux de distribution.

ZOL présente le suisse Syngenta comme le premier fournisseur, avec 35–40 % du marché. L’américain Pioneer en détient 25–30 % et le français Limagrain 15–20 %. D’autres fournisseurs italiens et espagnols représentent 10–15 %. La publication donnant des fourchettes, ces chiffres doivent être considérés comme des estimations de la position de chaque fournisseur et non additionnés pour former une part de marché totale.

Le volume des importations russes de semences de maïs a augmenté de 15–20 % en 2026 par rapport à 2025. Cette progression intervient malgré les efforts consacrés au développement de la sélection nationale et à la réduction de la dépendance aux intrants agricoles étrangers.

L’extension des surfaces stimule la demande

La hausse des importations résulte de l’expansion des surfaces de maïs dans deux grandes régions productrices. Les superficies ont progressé de 36 % dans l’Extrême-Orient russe et de 12 % en Russie centrale. Chaque nouvelle surface crée une demande immédiate de semences hybrides disponibles à l’échelle commerciale, ce qui favorise les fournisseurs disposant de produits éprouvés et de réseaux de distribution établis.

Cette expansion régionale renchérit également le remplacement des importations. Les agriculteurs choisissent les hybrides en fonction du rendement, de la précocité, de la résistance aux maladies et de l’adaptation au climat local, et pas seulement de leur origine. Une politique de localisation doit donc fournir suffisamment de semences pour les surfaces nouvelles tout en maintenant les performances des hybrides étrangers établis.

Les variétés nationales peinent à changer d’échelle

Les centres russes de sélection, dont l’Institut Vavilov des ressources phytogénétiques et le Centre national de recherche sur le maïs, ont mis au point 12–15 nouvelles variétés en 2026. Leur part de marché cumulée n’a toutefois pas dépassé 5–8 %. ZOL explique cette diffusion limitée par une compétitivité insuffisante, l’absence de production commerciale de semences et la longueur du cycle de sélection.

Selon la publication, les variétés nationales affichent un rendement inférieur de 2–3 quintaux par hectare à celui des hybrides de Syngenta et Pioneer. La création d’une variété prend 8–10 ans, tandis que l’absence d’un système commercial de multiplication empêche de transformer rapidement les résultats de la recherche en volumes importants et réguliers. La multiplication des nouvelles variétés ne suffira donc pas à évincer rapidement les importations.

L’autonomie exige des capitaux et du temps

Une autonomie complète en semences de maïs ne paraît possible d’ici 2033 que si la Russie crée deux ou trois centres spécialisés et porte ses dépenses annuelles de recherche et développement à 8–10 milliards de roubles. Dans le scénario de référence, la dépendance aux importations pourrait reculer à 45–50 % en 2033. Le scénario conservateur la maintient à 65–70 % en 2035, ce qui laisserait aux fournisseurs étrangers un rôle central pendant encore une décennie.

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