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Russie : 74 % des médicaments enregistrés depuis 2024 sont de production nationale

Les médicaments produits en Russie représentent 74 % des produits enregistrés dans le pays depuis 2024, selon une présentation du ministre russe de la Santé rapportée par TASS le 16 septembre depuis Iekaterinbourg. Le chiffre décrit le flux de nouvelles autorisations, et non le registre d'État dans son ensemble ni la part de marché en valeur.

Russie : 74 % des médicaments enregistrés depuis 2024 sont de production nationale

Les médicaments produits en Russie représentent 74 % des produits enregistrés dans le pays depuis 2024. Le chiffre provient d'une présentation du ministre russe de la Santé, rapportée par TASS le 16 septembre depuis Iekaterinbourg.

Ce que mesure le chiffre

L'enregistrement est l'étape réglementaire qui autorise la mise sur le marché russe : le produit est inscrit au registre d'État des médicaments après évaluation du dossier, du site de fabrication et de la documentation qualité. Les 74 % décrivent donc la composition du flux d'enregistrements — les produits autorisés à partir de 2024 — et non le registre dans son ensemble, constitué sur plusieurs décennies et qui contient encore un large stock d'autorisations étrangères plus anciennes.

TASS n'a publié que cette part. L'agence n'a donné ni le nombre absolu d'enregistrements derrière le pourcentage, ni la répartition par aire thérapeutique, ni les critères retenus par le ministère pour qualifier un produit de national. Ces définitions ont des conséquences commerciales directes : selon la pratique russe, un médicament peut être compté comme local dès lors que la forme galénique finie est fabriquée dans le pays, même si le principe actif est importé.

Les enregistrements ne sont pas des parts de marché

Pour les producteurs, les distributeurs et les importateurs, la distinction décisive est celle entre autorisation et ventes. Un certificat d'enregistrement donne le droit de concourir, il ne prouve aucun volume. Le chiffre laisse ouvertes plusieurs questions :

  • combien de boîtes ou de cures les produits nouvellement enregistrés vendent réellement ;
  • quelle part des dépenses en pharmacie et à l'hôpital ils captent en valeur, les princeps importés affichant généralement des prix par boîte plus élevés ;
  • jusqu'où va la localisation : synthèse en cycle complet du principe actif, ou conditionnement secondaire d'un produit importé en vrac.

Une part élevée d'autorisations nationales est cohérente avec un portefeuille dominé par les génériques, dont l'enregistrement est relativement rapide et peu coûteux. Un nombre bien plus restreint de produits innovants importés peut néanmoins absorber une part disproportionnée des dépenses, en particulier en oncologie, en immunologie et dans les maladies rares, où le coût de traitement par patient est le plus élevé.

La substitution aux importations en toile de fond

Le chiffre est présenté comme la preuve d'une progression de la substitution aux importations. Les sanctions visant la Russie n'interdisent pas en tant que tel l'approvisionnement en médicaments, mais les paiements transfrontaliers, la logistique et l'accès aux équipements et réactifs se sont compliqués, et cette friction renforce l'argumentaire officiel en faveur de capacités propres. Enregistrement, achats publics et régulation des prix sont les trois leviers par lesquels les autorités orientent la demande vers les produits locaux ; la part citée par le ministère est le résultat le plus visible du premier d'entre eux.

Ce que la filière surveille

La question est celle de la durabilité. Les substitutions les plus faciles portent sur des molécules tombées dans le domaine public et dont la fabrication est maîtrisée ; une fois ce gisement épuisé, maintenir une part nationale supérieure à soixante-dix pour cent supposera soit du développement original, soit une intégration plus profonde vers les principes actifs, que l'industrie mondiale s'approvisionne en grande partie en Asie. Aucune des deux voies n'est rapide et toutes deux mobilisent du capital.

Pour les fabricants étrangers, la conséquence pratique est un rétrécissement de la fenêtre commerciale : chaque autorisation nationale dans une classe thérapeutique ajoute un concurrent avantagé lors des appels d'offres. Pour les producteurs russes, la concurrence se joue de plus en plus entre eux, ce qui comprime habituellement les prix dans les segments génériques saturés et pousse les grands groupes vers la production de principes actifs et des formes galéniques plus complexes.

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