La Roumanie prolonge les mesures de sécurité électrique jusqu’au 30 septembre
La Roumanie maintiendra ses mesures de sécurité du marché électrique jusqu’au 30 septembre 2026. La sécheresse, les températures élevées et le recul attendu de l’éolien et du solaire fragilisent l’équilibre du système en soirée.
Le dispositif d’intervention prolongé d’un mois
Le gouvernement roumain a prolongé jusqu’au 30 septembre 2026 la période durant laquelle le gestionnaire national du réseau de transport Transelectrica peut appliquer des mesures d’urgence pour protéger le système électrique. Prévu par la décision gouvernementale n° 603/2026, ce dispositif avait initialement été autorisé jusqu’au 31 août 2026.
Selon Newsweek Romania, la prolongation a été approuvée lors d’une réunion gouvernementale extraordinaire. Le gouvernement a présenté la décision comme préventive et indiqué que les mesures ne seraient très probablement pas appliquées. Leur maintien donne néanmoins à Transelectrica les moyens juridiques et opérationnels de réagir si la production, la demande ou les approvisionnements transfrontaliers menacent le Système électrique national.
Sécheresse et demande du soir accroissent les risques
Le gouvernement invoque la persistance d’un grave déficit hydrologique sur le Danube, des prévisions de températures élevées et une hausse attendue de la consommation d’électricité aux heures de pointe. Il anticipe également une baisse de la production éolienne et photovoltaïque. Le système pourrait ainsi manquer de capacités flexibles lorsque la demande reste forte tandis que la production solaire recule.
La principale vulnérabilité relevée par les autorités est le déficit de production pilotable entre 18:00 et 22:00. Les possibilités d’importation pourraient également être limitées en cas de crise énergétique régionale. La Roumanie risquerait alors d’avoir moins accès aux marchés voisins au moment même où sa production intérieure est sous pression. La prolongation ne rend pas l’intervention certaine, mais préserve une série de mesures utilisables si la sécurité du système se dégrade.
Réserves, restrictions à l’exportation et limitation de la demande
La décision gouvernementale n° 603/2026 impose à Transelectrica de suivre un ordre précis. Le gestionnaire peut d’abord augmenter les réserves techniques des unités de production capables de fonctionner avec un combustible alternatif. Il peut ensuite démarrer les groupes placés en réserve technique. Si ces actions ne suffisent pas, il peut réduire ou annuler les capacités d’interconnexion disponibles ainsi que les échanges d’électricité déclarés dans le sens des exportations.
La limitation progressive de la consommation constitue le dernier recours. Transelectrica décide de la nécessité et du moment de l’intervention, tout en informant l’autorité de régulation ANRE et le ministère de l’Énergie. Les participants au marché doivent être prévenus au moins 24 heures avant l’entrée en vigueur des mesures. Les fournisseurs, négociants et grands consommateurs ne disposeraient donc que d’un délai limité pour adapter leurs programmes, nominations et plans d’exploitation.
Septembre restera un test pour la stabilité du réseau
Cette décision intervient après la déclaration, le 31 juillet, d’un état d’alerte national pour le mois d’août. Le Premier ministre par intérim Ilie Bolojan avait alors expliqué que la production d’électricité avait diminué en raison de la sécheresse et des faibles débits des rivières, en particulier du Danube. Le nouveau texte maintient le dispositif pendant un mois supplémentaire au lieu de le laisser expirer fin août.
Pour les fournisseurs et les négociants, le risque commercial le plus immédiat est une éventuelle réduction des capacités d’exportation et des échanges transfrontaliers. Pour les industriels et les autres grands consommateurs, une limitation progressive de l’électricité reste peu probable, mais représente un risque opérationnel important. Les producteurs disposant d’unités pilotables ou capables d’utiliser un combustible alternatif pourraient jouer un rôle accru entre 18:00 et 22:00. Le gouvernement estime que les mesures ne seront probablement pas nécessaires, mais leur prolongation montre que l’hydrologie, la variabilité des renouvelables et la disponibilité des importations régionales resteront des risques significatifs en septembre.