Les règles OGM en Bosnie menacent les coûts du tourteau de soja et des aliments
Les aviculteurs et importateurs bosniens avertissent que l’autorisation du tourteau de soja génétiquement modifié alourdit les coûts d’importation et pourrait fortement renchérir les aliments pour animaux. Une réforme des procédures nécessite de modifier ou remplacer la loi sur les OGM, tandis que le Conseil des ministres est seul compétent pour réviser la redevance spéciale.
Les importateurs demandent une réforme des autorisations
La filière avicole et les importateurs de tourteau de soja génétiquement modifié de Bosnie-Herzégovine avertissent que le dispositif réglementaire pourrait fortement renchérir les aliments pour animaux. Le désaccord porte sur les procédures et les redevances nécessaires pour autoriser la mise sur le marché national d’aliments OGM destinés aux animaux.
Des représentants de l’Agence de sécurité alimentaire de Bosnie-Herzégovine, du Comité national de coordination des aviculteurs et des importateurs de tourteau de soja OGM ont examiné la question lors d’une réunion à Mostar, selon Večernji list BiH. Les discussions ont porté sur les demandes déposées dans le cadre de la réglementation actuelle, la procédure d’autorisation et les frais liés à chaque décision.
Le tourteau de soja OGM entre dans l’alimentation animale. Le différend réglementaire touche donc directement les éleveurs de volailles et de bétail. Une hausse des coûts d’importation et de conformité pourrait se répercuter sur les prix des aliments, puis sur les coûts de production de la viande, des œufs et d’autres produits d’élevage.
Les nouvelles autorisations européennes alourdissent la charge
Le Comité de coordination des aviculteurs et les importateurs avaient déjà saisi le Conseil des ministres, l’Agence de sécurité alimentaire et l’Office vétérinaire de Bosnie-Herzégovine. Ils ont souligné l’augmentation du nombre de modifications génétiques autorisées par les institutions compétentes de l’Union européenne. Dans le cadre bosnien actuel, cette évolution multiplie les autorisations et les dépenses connexes pour les importateurs.
Les organisations professionnelles ont averti que ces coûts pourraient entraîner une hausse significative des aliments pour animaux et peser sur l’élevage en Bosnie-Herzégovine. La source ne précise ni le montant de la redevance actuelle, ni le volume de tourteau importé, ni l’ampleur potentielle de l’augmentation des prix. Le calendrier et l’importance de l’effet sur le marché restent donc incertains.
Les représentants de l’agence ont déclaré comprendre les préoccupations des importateurs concernant la hausse des coûts et la lourdeur des démarches. Ils ont toutefois rappelé que seul le Conseil des ministres peut modifier la décision fixant la redevance spéciale pour l’autorisation de commercialiser des denrées et aliments pour animaux génétiquement modifiés. Cette redevance relève d’une décision publiée au Journal officiel de Bosnie-Herzégovine, n° 61/14.
La réforme exige un large soutien politique
L’agence a également confirmé que les modifications de procédure demandées par les importateurs ne peuvent être appliquées sans modifier la loi actuelle sur les OGM ou en adopter une nouvelle. Une simple mesure administrative du régulateur de la sécurité alimentaire ne suffirait donc pas à répondre aux demandes de la filière.
Avec le soutien du Conseil des ministres, des autorités compétentes des entités et du district de Brčko, l’agence se dit prête à engager au plus vite la modification de la loi sur les OGM et de la décision relative à la redevance spéciale. L’objectif serait d’aligner les règles bosniennes sur la législation européenne et de répondre aux demandes des aviculteurs et des importateurs de tourteau de soja OGM.
D’ici là, les entreprises resteront soumises au système actuel tandis que l’UE continuera d’autoriser de nouvelles modifications génétiques. Pour les acheteurs d’aliments, la question immédiate est de savoir si les importateurs pourront absorber les frais de conformité ou les intégreront aux prix intérieurs. Les éleveurs sont particulièrement sensibles à ces hausses, car le tourteau de soja est un ingrédient important et les coûts réglementaires apparaissent avant même l’arrivée du produit dans les exploitations.