Les semis de coton reculent de 15,33 % en Inde, favorisant les fournisseurs américains
Au 10 juillet, les surfaces indiennes semées en coton étaient inférieures de 15,33 % à celles de l’année précédente, après la baisse des pluies liée à El Niño. Selon Jagran, le recul de la production pourrait stimuler les importations, le coton américain occupant déjà la quatrième place cette campagne.
Les semis de coton accusent un retard annuel
Au 10 juillet, les surfaces indiennes semées en coton étaient inférieures de 15,33 % à celles de l’année précédente, selon Jagran. La publication relie cette baisse aux effets d’El Niño, notamment au recul des précipitations et des semis des principales cultures de la saison kharif. Le coton, l’une des grandes cultures industrielles du pays, est également touché, ce qui alimente la crainte d’une récolte insuffisante pour répondre aux besoins de l’industrie textile.
L’Inde est le deuxième producteur mondial de coton, mais son importante industrie de filature et de textile consomme aussi des volumes considérables. La demande intérieure annuelle est estimée entre 31,3 millions et 31,5 millions de balles de 170 kilogrammes chacune. Cela représente environ 5,32 millions à 5,36 millions de tonnes. Une baisse sensible de la production se traduirait donc rapidement par une demande supplémentaire de fibre étrangère.
Les exportateurs américains veulent accroître leurs ventes
Gary Adams, président-directeur général du National Cotton Council of America, a déclaré à BusinessLine que les États-Unis considéraient l’Inde comme un marché doté d’une capacité importante d’achat de coton américain. L’Inde est déjà devenue le quatrième marché du coton des États-Unis pendant la campagne commerciale en cours, a-t-il indiqué, et pourrait devenir un grand pays importateur en 2026.
Les États-Unis figurent déjà parmi les pays qui fournissent du coton à l’Inde. Leur potentiel de croissance dépendra du volume et de la qualité de la récolte indienne, des décisions d’achat des filatures et de la compétitivité de la fibre américaine face aux autres origines. Pour les importateurs, une offre intérieure réduite pourrait donner davantage d’importance aux délais, aux caractéristiques de la fibre et au risque de prix.
La franchise de droits réduit l’obstacle à l’importation
L’Inde autorise l’entrée du coton étranger en franchise de droits jusqu’au 30 octobre 2026, rapporte Jagran. Cette mesure supprime un coût direct pour les fournisseurs étrangers et peut réduire l’écart de prix entre la fibre importée et le coton acheté en Inde. Elle donne aussi aux entreprises textiles davantage de souplesse pour compenser une mauvaise récolte sans supporter de frais douaniers supplémentaires.
La combinaison de semis réduits et d’un accès sans droits pourrait orienter une part plus importante des flux mondiaux de coton vers l’Inde. Les exportateurs américains sont bien placés pour y participer, car ils sont déjà implantés sur ce marché. Les seules données de surfaces ne permettent toutefois pas de déterminer le volume final : les pluies pendant la saison, les rendements et l’état des cultures fixeront l’ampleur du déficit intérieur.
La hausse des coûts se transmet à toute la filière textile
L’industrie textile indienne figure parmi les cinq premières au monde et est considérée comme le deuxième employeur du pays après l’agriculture. La disponibilité du coton ne concerne donc pas seulement les agriculteurs et les négociants en fibre. Elle influence les coûts des filatures, des fabricants de tissus, des producteurs de vêtements et des exportateurs travaillant pour des acheteurs étrangers.
Si les importations augmentent, les cours mondiaux du coton et le fret pèseront davantage sur les marges des usines indiennes. Les exportateurs de fil, de tissu et d’habillement devront arbitrer entre la sécurité d’approvisionnement et les risques de change et de prix. Le recul de 15,33 % offre une ouverture aux fournisseurs américains, mais le volume des ventes dépendra de la récolte indienne et du rythme d’achat de l’industrie textile.