Les produits de la mer vietnamiens visent le Royaume-Uni via l'UKVFTA et le CPTPP
L'UKVFTA et le CPTPP étant en vigueur en même temps, les exportateurs vietnamiens de produits de la mer peuvent choisir l'accord sous lequel réclamer une préférence pour leurs expéditions vers le Royaume-Uni. Selon Thuong Truong, les préférences tarifaires ne sont qu'une condition d'entrée et les parts de marché dépendront de la conformité et de la compétitivité.
Les exportateurs vietnamiens de produits de la mer disposent désormais de deux voies préférentielles vers le Royaume-Uni, l'accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et le Vietnam (UKVFTA) et l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP) étant en vigueur simultanément, rapporte la publication économique vietnamienne Thuong Truong (thuongtruong.com.vn). Le média souligne que les préférences tarifaires ne constituent qu'une condition initiale et que tout gain de parts de marché dépendra de la manière dont les exportateurs les utiliseront.
Deux accords, un seul marché
L'UKVFTA est l'accord bilatéral entre le Vietnam et le Royaume-Uni. Le CPTPP est le pacte multilatéral de la zone Asie-Pacifique auquel le Royaume-Uni et le Vietnam sont tous deux parties. Pour une même expédition de crevettes congelées ou de filets de poisson partant d'une usine vietnamienne vers un importateur britannique, les deux instruments se superposent : le même produit, la même destination, deux jeux distincts de conditions préférentielles.
C'est précisément cette superposition que décrit Thuong Truong. Les exportateurs ne bénéficient pas d'une double concession. Ils choisissent, expédition par expédition, l'accord à invoquer, et ce choix dépend moins du taux de droit affiché que des règles propres à chaque accord en matière d'origine, de documents et de preuve d'origine.
Le Royaume-Uni est un marché développé et dépendant des importations pour le poisson blanc et les coquillages, où les fournisseurs vietnamiens affrontent d'autres origines asiatiques et latino-américaines. Thuong Truong considère que l'accès à ce marché est désormais acquis sur le papier et que la question ouverte porte sur l'exécution.
La préférence tarifaire est la condition d'entrée, pas le résultat
Selon l'analyse du média, le traitement tarifaire préférentiel ouvre l'accès mais ne se convertit pas de lui-même en volumes. Plusieurs exigences séparent une ligne tarifaire d'un contrat signé avec un acheteur britannique :
- Règles d'origine : les préférences accordées aux produits de la mer dépendent généralement du lieu de capture ou d'élevage de la matière première, ce qui contraint les transformateurs travaillant sur du poisson importé.
- Documents : chaque accord dispose de son propre mécanisme de preuve d'origine, et invoquer le mauvais accord annule la préférence.
- Conformité sanitaire et vétérinaire : la mise en libre pratique au Royaume-Uni dépend des certificats sanitaires et de l'agrément de l'établissement, non de l'éligibilité tarifaire.
- Traçabilité : les documents de capture et les contrôles contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée conditionnent l'accès au marché pour les produits issus de la pêche sauvage.
Là où se joue la compétitivité
Le rapport présente la compétitivité, et non le niveau des droits, comme la variable qui déterminera la part du Vietnam sur le marché britannique des produits de la mer. Dans cette lecture, la comparaison utile n'est pas celle du Vietnam avant et après les accords, mais celle du Vietnam face aux autres fournisseurs qui livrent eux aussi au Royaume-Uni à des conditions préférentielles ou quasi préférentielles. Lorsque les droits sont faibles ou nuls pour plusieurs origines, les acheteurs se décident sur la fiabilité de la chaîne du froid, la régularité du calibrage et du classement, la tenue des contrats d'une campagne à l'autre et la charge administrative que le fournisseur fait peser sur l'importateur.
La configuration à deux accords comporte aussi un volet planification. Comme l'UKVFTA et le CPTPP traitent l'origine différemment, le choix du lieu d'approvisionnement en matière première, de l'usine de transformation et du classement tarifaire du produit peut déterminer l'existence même d'une préférence. Pour les producteurs intégrés disposant de leur propre aquaculture et de leurs propres captures, c'est une question interne maîtrisable. Pour les transformateurs travaillant sur intrants importés, c'est une contrainte sur celle des deux voies qui reste utilisable.
Thuong Truong n'assortit son analyse d'aucun chiffre de volume, de valeur ou de taux de droits, et le texte ne contient aucune projection quantifiée des expéditions vietnamiennes de produits de la mer vers le Royaume-Uni. L'argument est qualitatif : les deux accords sont opérationnels, tous deux sont mobilisables, et la contrainte sur la croissance est passée des taxes à la frontière à la capacité de conformité et à l'exécution commerciale.