Les ports du sud de la Russie baissent leurs tarifs charbonniers face aux risques en mer Noire
Les risques pour la navigation et la raréfaction des navires disponibles ont conduit quatre ports du sud de la Russie à réduire leurs tarifs de manutention du charbon. Leurs expéditions cumulées ont chuté de plus de moitié sur un an, à 1,05 million de tonnes entre janvier et juin.
Les terminaux charbonniers réduisent leurs tarifs
Plusieurs ports du sud de la Russie ont abaissé leurs tarifs de transbordement du charbon. Les risques pesant sur la sécurité maritime en mer Noire et la diminution du nombre de navires disponibles pour le chargement affaiblissent la demande de capacités portuaires. Vedomosti a rapporté ces évolutions le 6 août en citant une étude de l’agence de prix Argus.
Au port de Kavkaz, les tarifs sont tombés en juillet à 8–15,3 dollars la tonne, soit 11–14% de moins qu’en avril. À Azov et Taganrog, le tarif moyen a reculé de 19%, à 6,5 dollars la tonne. À Rostov-on-Don, il a diminué de 12%, à 5,5 dollars la tonne.
Les expéditions chutent de plus de moitié
La baisse des tarifs coïncide avec une forte contraction des mouvements de charbon dans les quatre ports. Selon les données du cabinet maritime Morcenter citées par Vedomosti, Kavkaz, Azov, Taganrog et Rostov-on-Don ont manutentionné ensemble 3,7 millions de tonnes de charbon en 2025, charbon à coke compris.
Ce volume représentait 15% de l’ensemble du transbordement charbonnier dans les ports du bassin Azov-mer Noire. Entre janvier et juin, les expéditions des quatre ports ont toutefois chuté de plus de moitié par rapport à la même période de l’année précédente, pour atteindre 1,05 million de tonnes. Cette baisse montre que la réduction des tarifs ne suffit pas à compenser les contraintes touchant la disponibilité et le chargement des navires.
Les risques de sécurité interrompent l’activité
Selon Argus, plusieurs terminaux charbonniers de la mer d’Azov ont suspendu leurs opérations de transbordement en juillet en raison des risques pour la sécurité des navires. Ces interruptions s’ajoutent à la réduction des capacités maritimes disponibles. La raréfaction des escales intensifie la concurrence entre terminaux pour les cargaisons et les navires restants, ce qui tire les tarifs vers le bas.
Les effets se propagent dans toute la chaîne logistique du charbon. Les producteurs et négociants utilisant les routes méridionales font face à des calendriers de chargement moins prévisibles. Les exploitants de terminaux doivent gérer simultanément la baisse des tarifs et celle des volumes, tandis que les armateurs et affréteurs intègrent les risques de sécurité avant d’envoyer des navires en mer Noire et en mer d’Azov.
La route méridionale perd des volumes
Les quatre ports ne constituent pas la majeure partie du système charbonnier du bassin, mais leur part de 15% en 2025 en faisait un débouché significatif pour les flux régionaux. La baisse à 1,05 million de tonnes au premier semestre traduit donc un recul notable de l’utilisation de ces installations méridionales.
L’ampleur des réductions varie selon les ports, Azov et Taganrog enregistrant le plus fort recul en pourcentage. Les suspensions de juillet montrent néanmoins que la concurrence tarifaire ne résout pas le problème central. Des navires doivent être disponibles et les opérateurs doivent juger la navigation et les escales suffisamment sûres. Avant une amélioration de ces conditions, les tarifs réduits pourront attirer quelques cargaisons, mais ne suffiront probablement pas à restaurer les volumes antérieurs.