Le port de La Corogne frôle son record grâce aux investissements à Langosteira
Le trafic de La Corogne a décuplé entre 1962 et 2025 et évolue depuis plusieurs années près de son sommet historique. Repsol reste le principal client, tandis que Punta Langosteira mise sur l’éolien en mer, l’hydrogène vert et de nouvelles activités industrielles.
Un trafic décuplé depuis 1962
Le trafic du port de La Corogne a été multiplié par dix entre 1962 et 2025, soit une croissance supérieure de 63 % à celle de l’ensemble des ports publics espagnols, selon La Opinión A Coruña. Le port avait manutentionné un peu moins de 1,2 million de tonnes en 1962. Le volume a atteint 4 millions de tonnes en 1964, année d’ouverture de la raffinerie Repsol, puis 8,86 millions de tonnes en 1974.
La crise pétrolière consécutive à la guerre du Kippour de 1973 et la faiblesse économique durant la transition politique espagnole et le début des années 1980 ont interrompu cette progression. Le trafic est ensuite passé d’un peu moins de 7,4 millions de tonnes en 1983 à 12,5 millions en 1989. Un nouveau record de près de 12,6 millions de tonnes a suivi en 1992, soutenu notamment par les produits sidérurgiques liés à Sidegasa et par l’arrivée de grands opérateurs après la libéralisation de la manutention portuaire.
Les cargaisons énergétiques et industrielles modifient le profil
Les vracs liquides ont reculé de plus de 10 millions de tonnes en 1992 à 8,4 millions en 1993, puis à 7,2 millions en 2001. Francisco Peleteiro, secrétaire de l’Association des utilisateurs du port de La Corogne, attribue une grande partie de cette baisse à l’oléoduc de 156 kilomètres reliant La Corogne à Vigo. Mis en service en 1996, il a remplacé de nombreux transports de carburants entre le nord et le sud de la Galice.
Le port a néanmoins atteint 14,5 millions de tonnes en 2005. Les vracs solides ont dépassé 4,4 millions de tonnes grâce au charbon et à l’activité du sidérurgiste Celsa, selon l’Autorité portuaire. Le trafic s’est effondré pendant la récession de 2008, avant de remonter jusqu’au record absolu de 15,7 millions de tonnes en 2018. Il n’a plus franchi les 15 millions de tonnes depuis. Les résultats de 2022-2025 comptent toutefois parmi les meilleurs de son histoire, malgré la pandémie et la fermeture en 2020 de la centrale de Meirama, qui a supprimé ses importations régulières de charbon.
Langosteira cherche à diversifier la base industrielle
Repsol demeure le premier client du port et prévoit d’achever en 2027 son transfert vers l’avant-port de Punta Langosteira, avec 140 millions d’euros d’investissements. Le groupe a également obtenu plus de 170 millions d’euros de l’État espagnol pour des installations locales d’hydrogène vert destinées à alimenter la raffinerie. Le port a reçu séparément près de 100 millions d’euros de fonds publics pour prolonger les quais extérieurs de 450 mètres et préparer des terrains destinés à des usines de l’éolien en mer. Une grande partie du foncier industriel de Langosteira reste disponible, avec notamment un projet d’usine d’ammoniac vert porté par Ignis.
Les marchandises diverses et les conteneurs pourraient offrir un autre relais, mais le trafic conteneurisé reste marginal et a culminé en 2008 à un peu moins de 8 500 unités. Le projet Coruña Marítima envisage de conserver 1 600-2 000 mètres de littoral pour la pêche, environ 1 500 mètres pour les marchandises diverses et éventuellement 1 200 mètres pour les navires de croisière. Le nombre de croisiéristes est passé d’un peu plus de 43 000 en 2004 à plus de 400 000 en 2024 et 465 000 en 2025. Les perspectives de fret restent donc très dépendantes de Repsol, mais les nouveaux projets énergétiques et les capacités industrielles supplémentaires pourraient élargir la clientèle.