Le Pakistan divisé sur l'approvisionnement en blé : alertes de déficit contre démenti du gouvernement
Des responsables, des représentants du secteur et des autorités provinciales du Pakistan alertent sur un important déficit de production de blé et réclament des importations. Le ministre fédéral Rana Tanveer nie toute pénurie, impute la hausse des prix à la thésaurisation et estime la récolte à environ 1,36 million de tonnes de plus que l'an dernier.
Des avertissements sur un déficit de production
Le Pakistan fait face à une inquiétude croissante autour de son approvisionnement en blé après que des responsables, des représentants du secteur et des autorités provinciales ont alerté sur un déficit de production important, selon malaysiasun.com. Ces alertes ont relancé les appels à autoriser des importations de blé pour combler l'écart et stabiliser le marché intérieur.
Le blé est la principale denrée de base du pays, et tout écart perçu entre production et consommation se répercute rapidement sur les prix de la farine et sur les tensions politiques. Les minotiers et les autorités provinciales pressent le gouvernement fédéral d'agir, estimant que les décisions d'importation doivent être prises tôt pour éviter des tensions d'approvisionnement plus tard dans la saison.
Le démenti du gouvernement
Le gouvernement fédéral rejette la thèse de la pénurie. Le ministre fédéral Rana Tanveer a affirmé qu'il n'y avait pas de pénurie de blé, a qualifié les récentes hausses de prix d'artificielles et a imputé la flambée à la thésaurisation, selon express.pk. Il a indiqué que des mesures seraient prises contre les accapareurs.
Selon Rana Tanveer, la récolte de blé de cette année est estimée à environ 1,36 million de tonnes de plus que l'an dernier. Le gouvernement avance ce chiffre comme preuve que la production intérieure est suffisante et que les prix sont tirés par la manipulation et non par un déficit réel.
Deux lectures d'un même marché
Le différend laisse les importateurs et les minotiers face à deux signaux contradictoires. Les autorités provinciales et les organisations professionnelles pointent un déficit et veulent la possibilité d'importer ; le ministère fédéral de l'alimentation met en avant la hausse de production et présente le problème comme de la thésaurisation et de la spéculation, et non comme un manque de disponibilité.
Pour le gouvernement, l'estimation de récolte plus élevée est le socle de sa position : si la production dépasse celle de l'an dernier de 1,36 million de tonnes, il y a assez de grain sur le marché et les prix élevés reflètent des stocks retenus, non une pénurie.
Ce qui est en jeu pour le commerce
L'issue déterminera si le Pakistan ouvre la porte aux importations cette saison. Autoriser les achats signalerait une nouvelle demande sur le marché international, tandis que maintenir la ligne « pas de pénurie » laisse la question comme une affaire intérieure de lutte contre la thésaurisation. Pour les exportateurs et les importateurs, la question pratique n'est pas de savoir qui a raison sur la récolte, mais si les licences d'importation seront délivrées.
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