Le marché russe des conteneurs progresse de 6 % à 3,47 millions d’EVP au premier semestre 2026
Le marché russe des conteneurs a atteint 3,47 millions d’EVP entre janvier et juin 2026, en hausse de 6 % sur un an, selon les données de FESCO rapportées par Vedomosti. Le volume de juin a progressé de 8,9 % à 610 000 EVP, tandis que les perturbations dans le détroit d’Ormuz renforcent l’importance des ports d’Extrême-Orient et des postes-frontières terrestres.
Le volume atteint 3,47 millions d’EVP
Le marché russe des conteneurs a progressé de 6 % sur un an au cours des six premiers mois de 2026, pour atteindre 3,47 millions d’équivalents vingt pieds, ou EVP. Le groupe de transport FESCO a publié ces données sur sa chaîne Telegram, selon Vedomosti. Cette hausse constitue un indicateur important de l’activité des ports, chemins de fer, terminaux intérieurs et postes-frontières terrestres du pays.
La croissance s’est accélérée en juin. Le volume mensuel a atteint 610 000 EVP, soit 8,9 % de plus qu’au même mois de 2025. Ce résultat suggère un renforcement de la dynamique à la fin du semestre. Les chiffres publiés par FESCO ne fournissent toutefois aucune ventilation des volumes de janvier à juin 2026 entre importations, exportations, transport intérieur et transit.
Les frontières terrestres et l’Extrême-Orient dominent le réseau
Une précédente évaluation de FESCO pour 2025 montrait que les postes-frontières terrestres avaient traité la plus grande part du trafic russe de conteneurs, soit 2,04 millions d’EVP. Les ports d’Extrême-Orient arrivaient en deuxième position avec 1,3 million d’EVP. Les acheminements ferroviaires ultérieurs représentaient 1,2 million d’EVP, contre 907 000 EVP pour les ports de la Baltique et 809 000 EVP pour ceux du bassin mer d’Azov-mer Noire.
Ces chiffres montrent que les flux sont répartis entre plusieurs corridors concurrents. Les routes terrestres et les portes d’Extrême-Orient sont essentielles aux échanges entre la Russie et les marchés asiatiques, tandis que les bassins de la Baltique et d’Azov-mer Noire conservent un rôle maritime important. Pour les compagnies maritimes, les opérateurs ferroviaires et les gestionnaires de terminaux, cette géographie détermine les besoins en wagons, capacité navale, stockage et liaisons intérieures.
Vedomosti a également cité des chiffres distincts selon lesquels le transport russe de marchandises conteneurisées totalisait 2,67 millions d’EVP entre janvier et juin 2025. Dans ce périmètre, les importations ont diminué de 5 % à 1,12 million d’EVP, le transit ferroviaire de 4 % à 240 000 EVP et le transport intérieur de 13 % à 491 000 EVP. Les exportations conteneurisées ont constitué le seul segment en croissance, avec une hausse de 8 % à 818 000 EVP. Le total de 2,67 millions d’EVP ne correspond pas directement à une progression de 6 % portant le marché à 3,47 millions d’EVP. Les données pourraient utiliser des définitions du marché ou des catégories de trafic différentes; la source n’a pas expliqué cet écart.
Les perturbations à Ormuz accroissent les risques d’acheminement
L’escalade du conflit à l’Est et le blocage du détroit d’Ormuz ont également pesé sur les opérations. Selon Vedomosti, les transports entre la Russie et les pays du golfe Persique ont été presque entièrement interrompus. La situation touche les transporteurs et les propriétaires de marchandises utilisant les routes du Golfe, tout en augmentant la valeur commerciale des itinéraires qui évitent la région.
En mars, Sergey Shishkarev, président du conseil d’administration de Delo Group, a déclaré à Russia 24 que les flux de conteneurs pourraient se déplacer vers les ports d’Extrême-Orient et les postes-frontières terrestres en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz et de l’instabilité régionale. Ce mouvement renforcerait les corridors qui traitaient déjà les plus gros volumes en 2025. Il pourrait aussi accroître la pression sur les terminaux portuaires, les liaisons ferroviaires et les infrastructures frontalières si les flux détournés progressent plus vite que les capacités disponibles. Pour les logisticiens et les chargeurs, la croissance de 6 % reste positive, mais la fiabilité des routes et leur aptitude à absorber de nouveaux volumes seront tout aussi déterminantes.