Le marché italien du vélo montre de premiers signes de reprise après son recul
Les fabricants et distributeurs italiens de vélos retrouvent de la confiance après plusieurs années difficiles, rapporte Bikeitalia depuis l’Italian Bike Festival. Les marques privilégient des modèles plus abordables, améliorent leurs relations avec les détaillants et répondent à la concurrence croissante des vélos et composants chinois.
Le climat sectoriel s’améliore à Misano
Le marché italien du vélo montre de premiers signes de reprise après plusieurs années difficiles, fabricants et distributeurs se disant plus confiants quant à la demande future. Bikeitalia a constaté ce changement pendant deux jours à l’Italian Bike Festival, organisé sur le circuit de Misano Adriatico. Ce salon permet traditionnellement aux entreprises de dresser le bilan de la saison qui s’achève et de présenter leurs projets pour la suivante.
Selon la publication, le pessimisme qui dominait auparavant avait pratiquement disparu parmi les exposants. Les entreprises toujours présentes sur le marché envisagent l’avenir avec davantage d’optimisme après une période de faibles ventes, de stocks excédentaires et de fortes pressions. Le constat repose toutefois surtout sur le sentiment des professionnels. Bikeitalia n’a pas fourni de données globales sur les ventes, la production ou les stocks permettant de confirmer une reprise généralisée.
Le tableau reste également incomplet en raison de l’absence de plusieurs entreprises importantes. Bikeitalia a cité Bianchi, qui semblerait peiner à définir le rôle de sa nouvelle grande usine de production à Treviglio, ainsi que Trek et les marques détenues par le groupe Accell, présenté par la publication comme étant en liquidation. L’amélioration observée au salon ne reflète donc pas nécessairement la situation de l’ensemble du marché italien.
Les marques reviennent à des prix plus accessibles
Le recul des vélos affichés à 10 000 € ou davantage constitue l’un des changements les plus visibles. D’après Bikeitalia, les grandes marques exposaient volontiers des produits dépassant ce seuil les années précédentes, alors que les nouveautés de cette année se rapprochent plus souvent d’un salaire ordinaire, ou légèrement plus. Cette évolution laisse penser que fabricants et distributeurs corrigent leurs gammes après le rejet des offres les plus chères par les consommateurs.
Bikeitalia a également relié cette inflexion tarifaire à la progression des fournisseurs chinois, qui proposent des vélos et des composants d’une qualité croissante à des prix plus abordables. La pression concurrentielle ne concerne donc pas uniquement les vélos complets. Les équipementiers peuvent eux aussi peser sur le coût, les performances et le positionnement des marques européennes, particulièrement pour les modèles à assistance électrique.
Les noms Avinox, DJI et Gobao ont été constamment évoqués pendant le salon, selon la publication, signe de l’inquiétude provoquée par de nouveaux fournisseurs technologiques et plateformes concurrentes. Bikeitalia estime parallèlement que les grands fonds d’investissement cherchent désormais à quitter le secteur aussi rapidement qu’ils y sont entrés, après avoir découvert des marges faibles et des horizons longs, peu compatibles avec la spéculation à court terme.
Les relations commerciales et les stratégies évoluent
Les relations entre les entreprises de vélos et les détaillants restés en activité semblent aussi s’être améliorées. Bikeitalia indique que les fournisseurs ayant protégé les magasins en évitant des plans d’achat contraignants ont obtenu de meilleurs résultats. Cet enjeu compte après une période durant laquelle les détaillants ont dû gérer une demande incertaine et un risque élevé sur leurs stocks. Une répartition plus équilibrée des marchandises et des obligations financières pourrait stabiliser le réseau de vente pendant la reprise.
L’expérimentation produit se poursuit, même si la demande commerciale reste incertaine. De nombreuses marques ont exposé des vélos équipés de roues de 32 pouces, mais Bikeitalia les décrit souvent comme des exercices de style plutôt que comme des lancements fermement programmés. Les prix, la disponibilité au catalogue et le client idéal restent inconnus. Le salon a ainsi montré une filière plus confiante et plus réaliste sur les prix, mais la croissance de la demande, la concurrence technologique et l’avenir des marques établies restent en question.