Le marché roumain des cigarettes illicites grimpe à 13.9% avec l’évolution de l’offre
Les cigarettes illicites ont représenté 13.9% de la consommation roumaine en juillet 2026, soit une hausse de 3.4 points de pourcentage depuis mai, la plus forte depuis plus de dix ans. Les produits duty-free et bulgares dominaient les sources identifiées, tandis que la part attribuée à la Moldavie reculait.
La part de l’illicite enregistre sa plus forte hausse depuis dix ans
Le marché roumain des cigarettes illicites a atteint 13.9% de la consommation totale en juillet 2026, contre 10.5% en mai, selon les données de la société d’études Novel Research relayées par Ziare.com, Forbes Romania et Ziarul Unirea. Cette hausse de 3.4 points de pourcentage, la plus forte enregistrée depuis plus de dix ans, a porté le marché à près de 14% de la consommation nationale de cigarettes.
Ziare.com a indiqué que le dernier niveau comparable remontait à juillet 2019, lorsque les cigarettes illicites représentaient 13.7% du marché. La tendance était toutefois différente à l’époque, car cette part était en baisse. Le chiffre de juillet 2026 traduit au contraire une expansion rapide qui accentue la pression sur les fabricants, distributeurs et détaillants agréés.
Cette progression a également des conséquences sur les finances publiques roumaines, car les cigarettes vendues en dehors des circuits légaux ne génèrent ni les droits d’accise ni les autres taxes perçus sur les ventes licites. Des représentants du secteur cités par les publications ont estimé qu’une part annualisée de 13.9% du marché illicite coûterait environ €700 million au budget de l’État.
Bucarest et les marchés régionaux enregistrent de fortes hausses
L’expansion a été inégale en Roumanie. Novel Research a constaté que la part de l’illicite à Bucarest avait augmenté de 8.1 points de pourcentage pour atteindre 17.5% de la consommation de cigarettes. Le sud affichait la part absolue la plus élevée du pays, à 19.5%, suivi du nord-est à 18.8% et de la capitale à 17.5%.
Les sources divergent quant à la région ayant enregistré la plus forte hausse. Forbes Romania et Ziarul Unirea ont désigné le nord-ouest, où la part de l’illicite a progressé de 8.4 points de pourcentage pour atteindre 17.4%. Ziare.com, citant Marian Marcu, directeur général de Novel Research, a attribué cette même hausse et ce niveau final au sud-ouest. Les trois publications s’accordent sur l’ampleur de l’augmentation et sur le niveau final de 17.4%.
La concentration des ventes illicites dans le sud, le nord-est et à Bucarest montre que le problème ne se limite pas aux zones frontalières périphériques. Ileana Negulescu, directrice régionale des affaires extérieures de BAT, a déclaré que ces chiffres montrent que le commerce illégal touche des régions économiquement importantes du pays, avec des conséquences sur les recettes budgétaires, la compétitivité du marché légal et l’efficacité des politiques publiques.
Les cigarettes duty-free et bulgares gagnent du terrain
La composition du marché noir roumain a également sensiblement évolué. Forbes Romania a indiqué que les produits achetés dans des points de vente duty-free représentaient 29.7% des cigarettes illicites identifiées en juillet, soit la première source. Les produits bulgares arrivaient en deuxième position avec 26.9%.
Les produits d’origine inconnue ont dépassé 20% du marché illicite après une progression de 16.4 points de pourcentage. Cette hausse rapide réduit la visibilité sur les circuits d’approvisionnement et complique les efforts visant à déterminer si la croissance provient d’achats transfrontaliers, de la contrebande organisée ou d’autres canaux.
À l’inverse, les cigarettes originaires de Moldavie représentaient 10.2% des produits illicites, en baisse de 4.9 points de pourcentage par rapport à la mesure précédente. Le recul de la part de la Moldavie ne s’est donc pas traduit par une contraction globale du marché noir. Les produits duty-free, bulgares et non identifiés ont plutôt occupé une place accrue dans une offre illicite en pleine expansion.
Les contrôles s’intensifient avec le durcissement de la réglementation
Les autorités roumaines ont fait état d’importantes saisies en 2026. Selon Ziarul Unirea et Ziare.com, la Police aux frontières a confisqué environ 900,000 paquets de cigarettes d’une valeur supérieure à 20 million lei au cours des sept premiers mois de l’année. Les agents ont également saisi plus de 1.1 tonnes de tabac en vrac et 152 kilogrammes de tabac à chicha.
Au cours de la même période de sept mois, les opérations de la Police roumaine ont retiré de la circulation plus de 61 million de cigarettes et près de 10 tonnes de tabac, tandis que des centaines d’affaires pénales ont été ouvertes. Par ailleurs, BAT a cité des données de StopContrabanda.ro indiquant que les autorités avaient saisi environ 105 million de cigarettes au cours des huit premiers mois de l’année.
Ziare.com a également indiqué qu’un arrêté conjoint des autorités fiscales et douanières roumaines avait fixé des limites aux quantités de cigarettes pouvant être introduites dans le pays depuis d’autres États membres de l’Union européenne. Cette mesure est particulièrement pertinente puisque les produits d’origine bulgare représentent plus d’un quart des cigarettes illicites identifiées. Les chiffres de juillet montrent néanmoins que les saisies et les nouvelles restrictions n’ont pas encore inversé la hausse globale du marché.