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Madagascar enquête sur le riz importé après le recul de la part des producteurs locaux

Madagascar cherche à déterminer si la hausse des importations de riz transformé et de brisures cause un préjudice grave aux producteurs nationaux. L’enquête pourrait déboucher sur des droits, des quotas ou d’autres restrictions temporaires conformes aux règles de l’OMC, mais la faiblesse de l’offre locale crée un risque pour les prix.

Madagascar enquête sur le riz importé après le recul de la part des producteurs locaux

L’enquête couvre le riz transformé et les brisures

L’Agence nationale de la mesure des résultats et de l’analyse des politiques publiques de Madagascar, l’ANMCC, a ouvert fin août une enquête de sauvegarde sur plusieurs catégories de riz importé. Selon La Tribune, la procédure, notifiée à l’Organisation mondiale du commerce début septembre, porte sur le riz décortiqué, semi-blanchi ou blanchi — poli ou glacé — ainsi que sur les brisures de riz.

L’agence examinera si la hausse des importations a causé, ou menace de causer, un préjudice grave à la filière rizicole nationale. Si le préjudice et le lien de causalité sont établis, les autorités pourront imposer temporairement des droits de douane supplémentaires, des contingents d’importation ou d’autres restrictions conformes aux règles de l’OMC.

Les importateurs, exportateurs et autres parties intéressées disposent de 30 jours après la publication de l’avis d’ouverture pour se faire connaître auprès de l’ANMCC et présenter leurs observations. Les questionnaires devront être retournés dans les 30 jours ouvrables suivant leur réception. L’agence peut également organiser des auditions publiques de sa propre initiative ou à la demande d’une partie intéressée.

Les importations triplent tandis que la production recule

D’après les chiffres cités par La Tribune, les importations malgaches de riz sont passées de 262 002 tonnes en 2024 à 800 812 tonnes en 2025, soit plus d’un triplement en un an. La production nationale et les ventes auraient diminué respectivement de 25,6 % et de 25,4 % entre 2023 et 2025. La part de marché de la filière nationale est tombée de 84 % à 67 % sur la même période.

L’enquête intervient alors que le gouvernement tente de protéger les agriculteurs sans rendre plus cher le principal aliment de base du pays. La Loi de finances rectificative 2026 prévoyait de rétablir une taxation de 20 % sur certaines catégories de riz importé, complétée par une TVA de 5 %. La mesure ciblait principalement le riz de qualité supérieure, souvent qualifié de riz de luxe, et devait améliorer la compétitivité de la production locale.

Les autorités ont temporairement suspendu cette taxation en août, car l’offre intérieure restait faible et la période de soudure approchait. Limiter les importations pourrait soutenir les producteurs et réduire les sorties de devises, mais une intervention trop rapide pourrait également augmenter les prix de détail et peser davantage sur les ménages modestes. Le Fonds monétaire international a rappelé que les droits de douane sur le riz importé avaient été supprimés en 2005 et que le riz local comme le riz importé étaient exonérés de TVA depuis juillet 2008.

La productivité reste l’épreuve de long terme

Madagascar vise l’autosuffisance en riz à l’horizon 2027 et une production de 11 millions de tonnes de paddy en 2030. La production est passée de 2,6 millions de tonnes en 2002 à environ 5,3 millions de tonnes en 2023, mais demeure inférieure aux besoins nationaux. La consommation dépasse 150 kilogrammes de riz par habitant et par an, selon les données citées par le FMI.

Le FMI estime que les rendements théoriques pourraient atteindre 11 tonnes par hectare dans des conditions optimales, contre 2,75 tonnes par hectare actuellement. La stratégie rizicole malgache pour 2022-2030 associe donc extension de l’irrigation, réhabilitation des terres, systèmes de culture intensive et améliorée, mécanisation et subvention des semences. Le gouvernement vise un rendement moyen de 5,47 tonnes par hectare d’ici 2030. Ces mesures détermineront si la protection commerciale apporte seulement un répit temporaire ou permet au pays de réduire durablement son déficit d’offre.

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