Les lunettes de luxe atteindront 17 milliards d’euros malgré le ralentissement du luxe
Les lunettes de luxe continuent de progresser alors que le marché global des produits de luxe ralentit. Bain & Company estime que le segment atteindra 17 milliards d’euros en 2025, faisant figure d’exception dans le secteur.
Les lunettes échappent au ralentissement du luxe
Les lunettes de luxe s’imposent comme une exception dans un marché des produits de luxe en perte de vitesse. Bain & Company estime que ce segment atteindra 17 milliards d’euros en 2025, avec des ventes toujours en croissance malgré le ralentissement de l’ensemble du secteur.
Cette divergence confère aux lunettes une place particulière dans l’industrie du luxe. La progression d’une catégorie ne compense pas la faiblesse de tout le marché, mais elle montre que la demande n’évolue pas de manière uniforme. Pour les marques, fabricants, distributeurs et investisseurs, les performances par catégorie deviennent donc plus importantes que l’orientation générale des dépenses de luxe.
Un produit de mode également fonctionnel
Les lunettes associent un élément de mode très visible à une fonction pratique. Cette combinaison peut expliquer leur évolution différente de celle des autres produits de luxe, même si les informations disponibles ne chiffrent pas la contribution de chaque produit, marché ou canal de vente. L’estimation de 17 milliards d’euros porte sur l’ensemble du segment et ne signifie pas que toutes les marques ou tous les pays progressent au même rythme.
La résistance relative du marché pourrait influer sur la répartition des moyens et des capitaux des groupes de luxe. Les entreprises disposant déjà d’une activité de lunetterie sont exposées à une catégorie en croissance. Les marques qui s’appuient sur des partenaires sous licence peuvent, elles, examiner si leurs accords leur permettent de capter suffisamment cette progression. Les fabricants et distributeurs indépendants évoluent dans un marché porteur, mais risquent aussi d’affronter davantage de concurrents venus de catégories de luxe moins dynamiques.
Des conséquences pour toute la chaîne de valeur
Un marché en croissance de 17 milliards d’euros crée des possibilités au-delà des marques vendues au consommateur final. Fabricants de montures et de verres, fournisseurs de composants, sous-traitants, grossistes et détaillants spécialisés participent tous à la chaîne de valeur. L’estimation globale ne fournit toutefois aucun chiffre sur les volumes de production, les prix, les marges ou les flux commerciaux géographiques. Ces indicateurs seront indispensables pour déterminer où se concentre la valeur supplémentaire et si la croissance vient des prix, des volumes ou des deux.
Pour les acteurs du marché, le principal signal réside dans l’écart avec le reste du luxe. Les lunettes ne suivent pas simplement le secteur dans son ralentissement, mais empruntent une trajectoire distincte. Les producteurs devront déterminer si la demande justifie de nouvelles capacités, tandis que distributeurs et détaillants devront choisir les marques et niveaux de prix les mieux placés. Les investisseurs devront aussi distinguer l’exposition à la catégorie de la capacité à transformer sa croissance en bénéfices. L’estimation de 17 milliards d’euros de Bain & Company mesure l’ampleur de la possibilité, mais l’exécution de chaque entreprise déterminera qui en bénéficiera.