Le Kirghizstan étudie une usine de production de diesel à partir du charbon
Le régulateur antimonopole du Kirghizstan propose de produire du diesel synthétique à partir du charbon national. Une usine de 100 000 tonnes par an nécessiterait 330 000 à 500 000 tonnes de charbon et environ 100 à 200 millions de dollars.
Le régulateur inscrit la liquéfaction du charbon à l’agenda
Le Service de régulation antimonopole du Kirghizstan a demandé à l’administration présidentielle et au ministère de l’Économie d’étudier la production de diesel à partir du charbon, selon 24.kg. La proposition prévoit de recourir à la technologie Coal-to-Liquid pour transformer les ressources nationales en combustible solide en carburant synthétique destiné au transport.
L’initiative reste au stade de l’évaluation. Les autorités veulent déterminer si une telle usine serait commercialement viable et sûre sur le plan environnemental avant de décider de poursuivre le projet. Aucun site, calendrier de construction, montage financier ou fournisseur de technologie n’a été désigné.
La proposition relie deux segments du marché énergétique kirghiz : les ressources charbonnières nationales et la demande de combustibles liquides. Le charbon sert actuellement surtout au chauffage et à la production d’énergie. Sa conversion en diesel créerait une demande industrielle supplémentaire, mais nécessiterait aussi une nouvelle chaîne de transformation et d’importants capitaux.
L’usine pourrait consommer jusqu’à 500 000 tonnes de charbon par an
Le Service de régulation antimonopole estime que le Kirghizstan dispose de plus de 6,4 milliards de tonnes de réserves prévisionnelles de charbon. D’après les chiffres présentés par le régulateur, une production annuelle de 100 000 tonnes de diesel nécessiterait environ 330 000 à 500 000 tonnes de charbon.
Cela correspond à environ 3,3 à 5 tonnes de charbon par tonne de diesel. L’étendue de cette fourchette fait de la qualité du charbon, du rendement de conversion et du choix technologique des variables importantes pour la rentabilité. Les besoins réels dépendraient également des caractéristiques du carburant synthétique et de la configuration de l’usine.
Une installation de cette taille pourrait coûter environ 100 à 200 millions de dollars, rapporte 24.kg. Rapporté à la production envisagée, cela représente un investissement initial d’environ 1 000 à 2 000 dollars par tonne de capacité annuelle de diesel. Cette estimation ne détermine pas le coût final du carburant, également tributaire de l’approvisionnement en charbon, du taux d’utilisation, de la consommation d’énergie, de la maintenance et du financement.
Les coûts et l’examen environnemental détermineront la faisabilité
Un diesel synthétique national pourrait offrir au Kirghizstan une source supplémentaire de carburant et accroître la demande de charbon local. Sa compétitivité dépendrait toutefois de la capacité du coût complet de production à rivaliser avec le prix du diesel conventionnel sur le marché intérieur. Les sources ne fournissent aucune estimation des dépenses d’exploitation, du prix futur du carburant ou du volume d’importations susceptible d’être remplacé.
L’évaluation environnementale sera tout aussi déterminante. Le régulateur a explicitement demandé un examen de la sécurité écologique, mais aucun chiffre concernant les émissions, la consommation d’eau ou la gestion des déchets n’a été publié. Ces paramètres pourraient modifier sensiblement l’investissement nécessaire et les conditions d’autorisation de l’usine.
La proposition fixe donc une échelle de production possible, mais ne constitue pas encore un projet industriel approuvé. L’étape suivante devra préciser la technologie, l’origine du charbon, les infrastructures, le financement et les mesures environnementales. En attendant, l’effet sur l’offre nationale de diesel, les importations de carburant et les producteurs de charbon ne peut pas être chiffré de manière fiable.