Le Kenya et le Kazakhstan avancent sur le hub de thé et les achats de blé
Des exportateurs kényans et des investisseurs kazakhs avancent sur un hub de thé et de café à Almaty. Les deux pays discutent aussi de livraisons de blé et d’engrais au Kenya ainsi que d’un corridor commercial entre l’Afrique de l’Est et l’Asie centrale.
Mise en œuvre des accords conclus à Astana
Le Kenya et le Kazakhstan font avancer les projets commerciaux agricoles convenus lors de la visite d’État du président kényan William Ruto à Astana en mai. Ils comprennent un hub d’exportation à Almaty et de possibles livraisons de blé et d’engrais au Kenya. L’objectif général est de créer un corridor commercial entre l’Afrique de l’Est et l’Asie centrale.
La Chambre nationale de commerce et d’industrie du Kenya, la KNCCI, a indiqué que des exportateurs kényans et des investisseurs kazakhs avaient tenu des discussions de suivi le 14 juillet 2026. Les parties ont convenu d’établir à Almaty un hub kényan de thé et de café destiné au marché eurasiatique. Le Kenya négocie séparément des importations de blé et d’engrais kazakhs pour soutenir sa sécurité alimentaire et sa production agricole.
Almaty proposée comme porte d’entrée vers l’Eurasie
Ces initiatives prolongent le Forum d’affaires Kazakhstan-Kenya organisé le 20 mai. Les accords de coopération signés à cette occasion associaient des agences de promotion des investissements, des organismes d’exportation et des organisations patronales, créant un cadre pour le commerce, l’investissement et les partenariats privés.
Selon Ecofin Agency, le Kazakhstan a proposé de faire d’Almaty un centre régional de distribution pour le thé, le café, les fleurs, les produits frais et les autres produits horticoles du Kenya. Cette plateforme pourrait offrir aux fournisseurs kényans une base commerciale permanente pour atteindre les acheteurs d’Asie centrale et d’autres marchés eurasiatiques. Si elle aboutit, elle deviendra la première plateforme commerciale permanente du Kenya en Asie centrale.
Le projet permettrait aux exportateurs agricoles kényans de se diversifier au-delà de leurs marchés traditionnels en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Il pourrait aussi renforcer le rôle du Kazakhstan comme point d’entrée et de distribution des produits africains en Eurasie. Les échanges bilatéraux restent limités et reposent principalement sur le thé kényan, ce qui laisse une marge de progression au café, aux produits horticoles et aux biens transformés.
Le blé et les engrais au cœur des discussions
Le Kazakhstan est également envisagé comme fournisseur alternatif de blé et d’engrais pour le Kenya. Figurant parmi les grands exportateurs mondiaux de blé, il pourrait offrir une option d’approvisionnement supplémentaire et réduire les risques pesant sur les livraisons. Les discussions sur les engrais concernent directement les producteurs kényans, car leur disponibilité et leur origine influencent les décisions de semis et la production alimentaire nationale.
Aucun volume, prix, calendrier de livraison ou itinéraire logistique n’a été communiqué pour les importations envisagées. La viabilité commerciale du corridor dépendra donc du coût du fret, des modalités de manutention et de la capacité des participants à établir des liaisons fiables entre deux régions dont les échanges restent faibles.
Des groupes d’investissement étudient le marché kényan
La KNCCI a indiqué que deux groupes d’investissement kazakhs, dont les portefeuilles cumulés sont évalués à environ 88 milliards de dollars, examinent des possibilités au Kenya. Une délégation d’affaires kazakhe devrait se rendre dans le pays en octobre, ouvrant potentiellement une nouvelle phase de discussions avec les entreprises et les institutions publiques.
La coopération dépasse les produits agricoles. Les deux gouvernements souhaitent l’étendre à l’investissement, à la logistique, à l’agro-industrie, à l’industrie manufacturière et aux infrastructures numériques. Depuis l’ouverture d’une ambassade à Nairobi en 2025, le Kazakhstan a renforcé son engagement et considère le Kenya comme une porte d’entrée possible vers l’Afrique de l’Est.
Le hub est au stade de la mise en œuvre, tandis que les importations restent en négociation. La portée des initiatives dépendra de la création d’installations opérationnelles, de cargaisons contractualisées et de solutions de transport compétitives. Pour les exportateurs, les minotiers, les agriculteurs et les négociants, ces éléments détermineront si le corridor devient un axe commercial régulier.