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Le Kazakhstan développe la transformation des métaux rares et prépare la production de gallium et d’antimoine

Le Kazakhstan prévoit de lancer une production de gallium et d’antimoine en 2026 afin de passer des exportations de minerais à des produits à plus forte valeur ajoutée. Son plan 2024–2028 vise une hausse d’au moins 40 % de la production de métaux rares et de terres rares ainsi que cinq nouvelles unités.

Le Kazakhstan développe la transformation des métaux rares et prépare la production de gallium et d’antimoine

Le Kazakhstan privilégie la transformation des minerais

Le Kazakhstan développe son industrie des métaux rares en privilégiant la transformation locale, les produits à forte valeur ajoutée et le transfert de technologies. Selon Kazinform, cette politique répond à la demande croissante des secteurs des énergies renouvelables, des véhicules électriques, de l’électronique, des aimants permanents, des batteries, de la défense et de l’aérospatiale.

Le pays produit et exporte déjà plusieurs produits intermédiaires, dont le titane, le tantale, le béryllium, le niobium, le rhénium, le bismuth, le sélénium, le tellure et le sulfate de manganèse monohydraté de haute pureté, ou HPMSM. Il exporte parallèlement du titane, du tungstène, du molybdène et de l’antimoine sous forme de matières premières, laissant hors du pays une partie de la valeur créée par les étapes suivantes.

Le ministère de l’Industrie et de la Construction prévoit de lancer de nouvelles productions de gallium et d’antimoine en 2026. Ces projets doivent approfondir la transformation des matières premières minérales et accroître les exportations de produits plus élaborés. Ils s’inscrivent dans le plan global du Kazakhstan pour les métaux rares et les terres rares sur la période 2024–2028.

Les exportations de minerais constituent la base commerciale

Les données ministérielles citées par Kazinform indiquent que le Kazakhstan a exporté six types de minerais et de concentrés vers des pays de l’Union européenne entre 2023 et 2026. En 2023, ces flux ont atteint 3 262,7 tonnes, pour une valeur de 60,5 millions de dollars. Le minerai et le concentré de molybdène représentaient 3 144,7 tonnes et 60,2 millions de dollars, soit presque toute la valeur déclarée.

Les exportations de minerai et de concentré de chrome ont également fortement progressé en 2025. Le Kazakhstan en a livré 129 290,5 tonnes à la Suède, pour une valeur totale de 44,2 millions de dollars. Les expéditions sur cet axe se sont poursuivies au premier semestre 2026. Ces chiffres confirment la place du pays parmi les fournisseurs européens de matières premières minérales et de produits de première transformation.

La coopération avec l’UE repose sur un protocole d’accord relatif à un partenariat stratégique pour les chaînes durables d’approvisionnement en matières premières, les matériaux pour batteries et l’hydrogène renouvelable, signé le 7 novembre 2022. Une feuille de route a été engagée en 2023, puis un nouveau plan 2025–2026 a été approuvé en 2025. Il couvre l’exploration, le développement minier, la transformation, l’enrichissement, les matériaux pour batteries, les normes ESG, la recherche et la formation.

L’exploration, l’investissement et la technologie restent déterminants

Un projet est mené par l’allemand HMS Bergbau AG dans la région du Kazakhstan-Oriental. Par l’intermédiaire d’Alatau Lithium, Qazaq Lithium et Bergbau Altai, le groupe conduit des projets d’exploration, d’extraction et de traitement de minerais complexes contenant des métaux rares, dont le lithium.

Le Kazakhstan a recensé plus de 120 gisements de terres rares contenant notamment du vanadium, du titane, du zirconium, du tantale, du niobium, du lithium, du molybdène, du tungstène et du béryllium. Le bilan public comprend aussi environ 41 formations minérales technogènes renfermant des terres rares, dont 31 ont été attribuées à des exploitants. Les autorités veulent traiter ces formations, les déchets industriels et les déchets électroniques en complément des gisements conventionnels.

Le plan 2024–2028 vise une hausse de 40 % des investissements nationaux et étrangers dans l’exploration et l’extraction, ainsi qu’une progression d’au moins 40 % de la production de métaux rares et de terres rares. Il prévoit aussi cinq nouvelles unités, cinq nouveaux produits et cinq technologies. Le secteur reste freiné par l’insuffisance de l’exploration, le vieillissement des équipements, le manque de technologies modernes, la dépendance aux matières premières importées et les lacunes réglementaires.

Les licences sont liées à des engagements industriels locaux

Les nouvelles règles d’enchères adoptées en 2026 encadrent l’octroi des licences d’exploration et d’extraction de minerais solides. Une entreprise qui découvre un gisement dans le cadre d’une exploration autorisée peut obtenir le droit exclusif de demander une licence minière sur la zone. Les exploitants doivent respecter des obligations de dépenses minimales, de sécurité, d’environnement, de formation et de recherche.

Les modifications législatives de 2025 ont également instauré un accès spécial pour les projets productifs et innovants d’une valeur supérieure à 14,5 millions d’indices de calcul mensuel et inscrits sur la Carte unifiée d’industrialisation. Les projets éligibles peuvent acquérir des droits d’exploration ou d’extraction de minerais solides, hors uranium et charbon, sur un territoire défini. Les licences peuvent imposer des engagements en matière d’investissement, de salaires, de transformation locale, de formation et de transfert technologique. La création de valeur dans le pays devient ainsi une condition de la politique minière kazakhe.

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